Peut-on toujours suivre sa conscience?

Caïn, sculpté par Giovanni Dupre: l'oeil de Caïn a toujours été compris comme une allégorie de la conscience

La conscience est le “lieu” où Dieu nous parle et nous enseigne ses commandements. Il est donc vrai que nous devons toujours suivre notre conscience. Même quand elle nous dicte un comportement objectivement faux. Saint Thomas d’Aquin écrit ainsi dans la Somme thélogique (Ia IIae, q.19, a.5):

“Toute volonté qui n’obéit pas à la raison [et il précise plus haut que “la conscience est, en quelque sorte, le décret de la raison”], que celle-ci soit droite ou dans l’erreur, est toujours mauvaise.”

Ce que l’on traduit habituellement: “Une conscience erronée oblige.”

Cependant, nous ne pouvons pas en rester là. Car une personne qui, par exemple, pratique l’adultère en suivant sa conscience erronée commet tout de même le péché d’adultère. Si elle ne suivait pas sa conscience lui dictant cet adultère, elle commettrait également un péché, comme vient de le dire saint Thomas.

Il n’existe qu’une seule solution pour résoudre cette apparente contradiction: nous avons le devoir d’éclairer notre conscience.

Pour me résumer, je dirais qu’il faut tenir ensemble deux principes complémentaires:

1) La volonté doit toujours suivre la raison, et donc, en matière morale, tout homme doit obéir à sa conscience.

2) La raison a le devoir de chercher la vérité et, en l’occurrence, nous avons le devoir d’éclairer notre conscience (notamment en écoutant le Magistère).

Peut-on toujours suivre sa conscience?
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