Peut-on aimer les autres sans croire en Dieu ?

Les plus grands commandements selon la Bible sont : 1. Tu aimeras ton dieu de toute tes forces 2. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Qu’est-ce qui est le plus important : croire en dieu et pas aimer les autres ou aimer les autres et pas croire en Dieu ? Le premier commandement ne devrait-il pas être s’aimer les uns les autres ? On sait que si on aime dieu et on n’aime pas les autres, on n’est pas correcte et il y a beaucoup de passage dans la bible qui l’explique. Ma question est : est-ce qu’il y a des passages qui explique l’inverse ? qu’est-ce qu’on peut reprocher à la personne qui aime les autres (ne juge pas, généreuse, toujours au-devant des autres…) mais qui ne croit pas en Dieu ? Comment elle va être jugée ? Cette question remet en question toute l’église. On peut ne pas croire en Dieu mais croire en l’amour et être sur la bonne voie ?

Cela ne remet en question rien du tout car l’Eglise, à la suite de l’Ancien Testament, a toujours admis que des justes pouvaient ne pas être chrétiens (ou Juifs dans l’Ancien Testament) sans préciser s’ils croient en Dieu, en des dieux, en rien. Cf. nos articles comme “Hors de l’Eglise point de salut” – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr), Un non-baptisé est-il marié validement et sauvé? – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr) et sa suite Les nations sont-elles sauvées? – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr). Donc, oui « On peut ne pas croire en Dieu mais croire en l’amour et être sur la bonne voie. » Mais cela pose deux questions :

  • La première est, comment alors être sur la bonne voie ? Les chrétiens ont la Bible, les Evangiles en particulier, et les Béatitudes. Les catholiques ont aussi le Magistère de l’Eglise pour avoir une interprétation correcte de la Bible et des indications pour son actualisation dans la vie de nos jours. Ils ont les sacrements pour les soutenir sur cette « bonne voie » et, enfin, ils ont l’accompagnement spirituel et la communauté de l’Eglise pour les accompagner dans les périodes de choix, de doute et de malheur. C’est beaucoup plus difficile d’être sur la bonne voie si l’on ne croit pas en Dieu, si l’on est incapable d’identifier son action dans la vie et si l’on n’a aucun repère solide pour avancer. Bien sûr, il existe toutes sortes de philosophies et de systèmes éthiques sans référence à Dieu pour aider ceux qui y adhèrent à avoir une vie bonne. Mais ils ont tous échoué et aucun n’apporte le salut véritable : le manichéisme a échoué, les Lumières ont échoué, la franc-maçonnerie a échoué, le marxisme a échoué, ne parlons pas du fascisme, le bouddhisme débouche sur le vide, le New Age, la culture woke, l’écologie politique, la « morale républicaine » prouvent chaque jour qu’ils échouent et la méditation en pleine conscience est maintenant critiquée par la Ligue des droits de l’homme pour ses dérives sectaires. Aucune n’est une bonne voie.
  • “Croire en l’amour” mais jusqu’où ? De quel amour parle-t-on ? Bien sûr, un athée peut aimer sincèrement au-delà de son cercle familier et amical, de sa patrie. Mais les idéologies athées ont prouvé largement qu’elles se construisent sur la désignation d’un ennemi qu’il faut détruire : l’aristo, le bourgeois, le Juif, le pollueur, le réactionnaire. A l’inverse, comment considérer que tout homme est un frère si on ne croit pas qu’on a le même Père ? Un athée peut-il aimer tout homme, vraiment tout homme, comme son frère ? Même le plus laid, le plus repoussant, l’embryon ? Un athée peut être pro-vie et contre l’avortement, l’élimination des fœtus handicapés ou la recherche sur l’embryon. Mais c’est rare. Enfin, un athée peut donner sa vie pour un membre de sa famille ou pour une noble cause. Mais donnera-t-il sa vie pour ses bourreaux, comme le Christ ? Or, c’est bien parce qu’Il croit en son Père que le Christ le fait.

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