Pécher par un acte bon

Quand on commet un péché en faisant un acte objectivement bon (tel que la prière, l’acte de l’obéissance, la communion, la confession ou autre) avec une finalité et une intention mauvaises, comment peut on s’accuser de ces péchés pendant la confession, car si on dit leur matière, il semble que ce sont des actes bons? Comment faire que le prêtre comprenne qu’on est en train de s’accuser des péchés?

De fait, il est tout à fait possible de pécher en faisant un acte objectivement bon. Par exemple pour se faire bien voir, ou pour manipuler une personne, ou pour l’humilier sous couvert d’une bonne action etc. La question à se poser est alors de savoir si, comme le dit St Ignace de Loyola, l’acte est fait « avec une intention droite ». Un peu d’honnêteté et d’expérience dans la vie spirituelle, une bonne formation morale suffisent normalement pour faire cette vérité en soi.

Il faut parfois un regard extérieur, c’est pourquoi tous les maîtres spirituels recommandent de se faire accompagner par un directeur de conscience, accompagnateur spirituel, quel que que soit le nom qu’on lui donne. Ils peuvent grandement aider à clarifier cette intention droite ou non. Ils peuvent aussi mettre en garde contre trop de scrupules qui verraient des intentions mauvaises imaginaires derrière chaque bonne action, la plaie de toute vie mystique. Cette tentation existe aussi, Ignace le Loyola l’a vécue, jusqu’à en devenir suicidaire.

De toutes façons, un confesseur est normalement formé pour comprendre que derrière un acte bon, peut se cacher une intention qui l’est beaucoup moins, tout comme un péché peut en dissimuler un beaucoup plus gros. S’il n’est pas capable de ce discernement-là, c’est maintenant à Ste Thérèse d’Avila que nous nous référons : elle expliquait qu’il faut changer de confesseur aussi souvent que nécessaire, jusqu’à en trouver un bon. Et Dieu sait qu’elle a eu à souffrir de confesseurs médiocres qui ne comprenaient rien à ses tourments et à son péché dans une vie religieuse apparemment bien réglée, jusqu’à sa conversion radicale !

Si ce n’est pas possible, en dernière instance, il convient de se confesser le plus honnêtement possible, en expliquant le péché derrière l’acte bon. Si le confesseur ne comprend rien mais donne l’absolution, le sacrement est valide et le pénitent peut repartir en paix.

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