Péché, prospérité et faveur divine

Existe-t-il un lien entre l’état de péché dans lequel on se trouve et la prospérité qu’on espère à ce même moment? Autrement, est-ce que quand je reconnais être dans le péché, je ne peux pas espérer une faveur divine quelconque ?

Il n’existe pas de lien a priori entre l’état de péché et la prospérité. Si un lien est avéré, ça risque d’être celui du péché, qui a permis cette prospérité : vol, malhonnêteté, corruption etc.

Car l’Ecriture nous révèle un Dieu qui s’est fait pauvre, chaste et obéissant. La pauvreté est une condition indispensable pour suivre le Christ. Elle est sans ambiguïté là-dessus. Tous les apôtres, de nombreux saints, mais aussi toutes les personnes consacrées, ont choisi la pauvreté radicale.

Bien sûr, tout le monde n’est pas membre d’un ordre mendiant. Les gens peuvent vouloir être à l’aise financièrement plutôt que dans la misère, réussir dans la vie et prier Dieu pour obtenir des grâces. Mais à tout le moins, un catholique riche doit avoir la pauvreté de cœur, et ce n’est certainement pas compatible avec un état de péché et la recherche de la prospérité comme priorité plutôt que celle de la rédemption.

Ceux qui prétendent le contraire, en prêchant que la prospérité est un signe de faveur divine sont des sectes évangéliques extrémistes et des menteurs. Pour le coup, eux, deviennent prospères, mais c’est sur le dos des gogos qui les écoutent.

Si quelqu’un se reconnait pécheur, qu’il soit riche ou pauvre, il doit faire pénitence et supplier Dieu de lui pardonner, plutôt que de se préoccuper d’obtenir des faveurs.

Enfin, nous invitons nos lecteurs à méditer les Principes et fondements, qui ouvrent les Exercices spirituels de St Ignace de Loyola. Voilà qui leur sera bien plus profitable spirituellement, qu’ils soient pauvres ou prospères :

« L’homme est créé pour louer,

respecter et servir Dieu notre Seigneur

et par là sauver son âme,

et les autres choses sur la face de la terre

sont créées pour l’homme,

et pour l’aider dans la poursuite de la fin

pour laquelle il est créé.

D’où il suit que l’homme doit user de ces choses

dans la mesure où elles l’aident pour sa fin

et qu’il doit s’en dégager

dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin.

Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents

à toutes les choses créées,

en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre

et qui ne lui est pas défendu ;

de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l’honneur que le déshonneur, une vie longue qu’une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste,

mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés. »

Péché, prospérité et faveur divine
4.8 (95%) 4 votes