Origine et résurgence des vierges consacrées

obeissance

On voit parfois des femmes s’intitulant « vierges consacrées » dans nos paroisses.  D’où viennent-elles?

L’aggiornamento du Concile de Vatican II a voulu ouvrir l’Eglise aux réalités de l’époque contemporaine. Pour cela, les Pères conciliaires ont, dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, revisité la vie chrétienne la plus antique pour la réactualiser et revitaliser des traditions très anciennes. Cela se vérifie particulièrement en ré-explorant des vocations consacrées qui avaient quasiment disparu au Moyen Age, alors qu’elles ont considérablement marqué la vie spirituelle des premiers chrétiens. Ainsi en est-il de la vocation de vierge consacrée dans le plus ancien ordre féminin de l’Eglise, l’Ordo consecrationis virginum.

C’est en effet, une vocation très ancienne, interrompue puis revitalisée. On en trouve la trace dès les Actes des Apôtres, à propos des « filles de Philippe qui sont vierges » en Ac 21, 8-9. Plusieurs Pères de l’Eglise les mentionnent : au 2e siècle, St Ignace d’Antioche, au 3e s Tertullien et St Cyprien – ils utilisent les termes de sponsa Christi, ou « épouse du Christ –   au 4e s les Conciles de Valence et de Carthage qui reprécise qu’elles doivent recevoir la consécration d’un évêque et non par des prêtres. En 390, St Ambroise écrit à leur sujet De virginibus. La soeur du Pape Damase était elle-même une vierge consacrée. La vie d’une des plus célèbres, Ste Geneviève, indique qu’elles menaient une vie indépendante.

Les invasions barbares ont rendu la vie dangereuse, surtout pour des femmes seules. Pendant 15 siècles, la vie religieuse cloîtrée a pris le relais et en 1950 encore, Pie XII refusait de consacrer des femmes ne vivant pas en communauté dans son encyclique Sponsa Christi.  Après une éclipse de 1500 où ce rite de consécration ne se maintenait plus que dans des monastères, il a fallu attendre l’après-concile, 1970, pour qu’un motu proprio redonne à cette vocation son visage initial.

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