Précisions sur l’Ordo virginum

obeissance

Qu’est-ce qu’une vierge consacrée ?

Les questions posées à propos de vierges consacrées suite à nos articles sur ce thème nous amènent à en préciser les caractéristiques et le rituel de consécration. Nous renvoyons donc le lecteur à nos articles sur l’origine et l’historique de l’Ordo virginum pour découvrir d’où vient cette vocation antique, ainsi que celui sur les différences avec d’autres formes de vie consacrée non religieuse. Le motu proprio de 1970 permet de consacrer des femmes vivant dans le monde. Dans le Code de droit canonique, c’est le canon 504 qui réglemente – avec une grande brièveté – cette forme de vie consacrée un peu hybride : les vierges consacrées sont des « séculières non laïques vouées au service de l’Eglise ». Elles dépendent au St-Siège de la Congrégation pour la vie consacrée et leur consécration est inscrite dans un registre diocésain.

Le nouvel essor de leur ordre, l’Ordo virginum, depuis 1970 marque une vocation « signe » adaptée mais aussi en contestation de la post-modernité, au croisement de plusieurs aspects de la vie chrétienne. On peut en effet dégager les caractéristiques suivantes :

  •  Le propos de virginité. La vierge s’engage définitivement, dès sa consécration, non seulement à la chasteté mais à la virginité, ce qui suppose qu’elle n’ait jamais été mariée ni « ayant vécu notoirement et publiquement dans un état contraire à la virginité »
  • Son caractère autonome très marqué, compatible avec une vie professionnelle
  • Un engagement public, ce qui la distingue totalement de vœux privés ou des engagements de laïques consacrées : la consécration est un « sacramental », soit une action et prière publique et solennelle de l’Eglise
  • La consécration est toujours faire par l’évêque, normalement à la cathédrale (dans les grands diocèses, l’usage de le faire dans la paroisse de la candidate se répand cependant)
  • C’est donc une vocation ancrée dans une église territoriale et non affinitaire ou communautaire, contrairement aux religieux et membres d’instituts séculiers.

Les vierges consacrées exercent toutes sortes de professions et doivent gérer par elles mêmes les aspects concrets de leur vie (logement, retraite, prise en charge des parents âgés, formation théologique etc). Elles sont au service de leur évêque mais les missions sont très variables selon leurs compétences et leurs contraintes professionnelles. Certaines font état de leur consécration, en portant par exemple leur voile blanc ou une écharpe blanche pendant la liturgie, ou même à l’extérieur. D’autres sont au contraire très discrètes. Selon un recensement de janvier 2016, il y en aurait 620 en France, le pays où elles sont les plus nombreuses, et 4000 dans le monde.

Le rituel de consécration prévoit :

  • Une imposition des mains de la part de l’évêque, comme pour les ordinations ou d’autres sacrements: cette invocation de l’Esprit-Saint implique une dimension spirituelle forte. La Litanie des saints est chantée pendant la prostration de la candidate
  • La remise de la candidate à genoux, ses mains jointes dans celles de l’évêque, pendant qu’elle formule sa demande
  • La remise du voile blanc (velatio), qui symbolise le propos de virginité et ses épousailles avec le Christ
  • La remise de l’alliance à la main droite, symbolisant un engagement définitif comme dans le mariage ou les vœux perpétuels
  • La remise du livre des Heures, ce qui souligne la dimension contemplative de cette vocation ancrée dans le monde. Les vierges consacrées prient la liturgie des Heures – « disent le Bréviaire » – comme les prêtres ou les diacres
  • La remise du cierge : signe de vigilance et du Royaume à venir, comme toutes les formes du célibat pour le Royaume.

 

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