Offrir les mérites d’un défunt?

Dieu ne connait ni présent, ni passé, ni futur. Rapport avec la « Communion des Saints » J’ai 96 ans et tout le temps pour réfléchir (au fait, peut-être pas tellement ! ) Quand j’étais jeune un ami prêtre m’avait tenu un langage qui m’a marqué et qui ne semble pas en contradiction avec le dogme. Voici un exemple qui traduit ma question : puisque le temps n’existe pas pour Dieu on pourrait offrir à Dieu les mérites d’une personne décédée, en quelque sorte à retardement, et à sa place, comme elle aurait pu le faire elle-même de son vivant. Avec la même valeur vis-à-vis de Dieu. Et bien d’autres applications. Je n’ai jamais vu une interprétation de cet ordre dans tout ce que j’ai pu lire sur la “Communion des Saints”. Ça ouvre pourtant des horizons considérables ! Merci d’avance pour votre éclairage sur cette question un peu particulière.

Nous espérons que nous avons bien compris la question car le point de départ nous semble problématique. Comment peut-on dire que Dieu ne connait « ni présent, ni passé, ni futur » ? Dieu est le maître du temps et de l’espace, donc Il les connait. Il est dans l’éternité, donc hors du temps, mais Il est aussi un Dieu provident qui agit dans l’Histoire. Donc dans le temps et l’espace.

Ensuite, nous ne voyons pas le lien avec les mérites d’un défunt. Personne ne peut offrir les mérites de quelqu’un d’autre, à part ceux de la Passion du Christ. Mais c’est bien parce que ce dernier s’est expressément livré pour que nous puissions le faire. En cette fête du Sacré-Cœur, il est bon de s’en rappeler et c’est ce que nous prions dans le chapelet de la Divine Miséricorde : « Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier ».

Cela n’empêche pas de demander l’intercession d’un défunt si l’on pense qu’il est en capacité de le faire, un saint en particulier (mais rappelons que, hormis les saints qui sont déjà dans la Béatitude divine, les morts ne peuvent plus agir ni acquérir de mérites et c’est aux vivants de prier pour eux). On peut également rappeler au Seigneur les mérites de cette personne et le prier de nous exaucer aussi à cause de ces mérites-là. Mais ce n’est pas la même chose que de les « offrir ». C’est la personne décédée qui les a offerts. En revanche, on peut bien sûr faire l’offrande de ses propres mérites, et même de ses propres souffrances. C’est un chemin spirituel difficile qui demande une certaine maturité spirituelle pour ne pas être mal compris, mais c’est possible.