Obéissance à l’Etat dans Romains 13

Que peut-on répondre à ceux qui utilisent Romain 13 pour dire que Dieu a donné le pouvoir à Hitler, Staline et tant d’autres et insinuer qu’Il est mauvais ?

L’Epître aux Romains a été écrite dans le contexte de la persécution de Néron, dont St Paul a lui-même été victime. On ne peut donc pas raisonnablement l’accuser de complaisance avec un pouvoir qui l’a jugé injustement, emprisonné, puis exécuté. En revanche, ce que ce texte indique, c’est qu’un chrétien ne doit pas prendre les armes, même contre les pires tyrans. Le film Paul, Apôtre du Christ, actuellement sur nos écrans, l’illustre très bien. Le chrétien doit aussi respecter la loi et payer ses impôts, c’est cela que le texte nous dit. On a trop vu des gens qui, sous prétexte de combattre des pouvoir iniques, justifient la fraude fiscale, et au nom de l’Evangile, par-dessus le marché. Cela n’a rien de chrétien.

La question de prendre les armes s’est posée à propos d’Hitler. Le pasteur Dietrich Bonhöffer, ayant une grande autorité morale, y compris chez les catholiques, en particulier, a envisagé de justifier la lutte armée et les attentats contre Hitler. Mais c’est davantage l’organisation de son église confessante clandestine et ses écrits contre le nazisme qui sont retenus par l’Histoire et qui permettent d’édifier les chrétiens.

Car ne pas combattre par les armes ne signifie pas ne pas agir contre l’injustice. C’était vrai au temps de Paul, cela l’a été face au nazisme ou au communisme : Outre Bonhöffer, Mgr von Galen, Hans et Sophie Scholl, St Maximilien Kolbe, le Patriarche de Moscou Tykhon, Solidarnosc ou les pasteurs de l’église de la Trinité de Leipzig qui ont animé les veillées de protestation aboutissant à la chute du mur de Berlin… Voilà de lointains successeurs de St Paul qui ont résisté, dans une non-violence absolue.

Pour ce qui est du respect de la loi, la désobéissance ne concerne que les seules lois vraiment contraires à l’Evangile : le fameux non possumus ecclésial. Le Pape émérite Benoît XVI écrit «  La défense de l’homme… passe à nouveau par le fait d’inscrire l’obéissance de l’homme à Dieu comme limite de l’obéissance à l’Etat » (Libérer la liberté. Foi et politique, préface du  Pape François). Le « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21) du XXIe siècle.

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