Nouvelle contestation de la communion à la main

Cette question fait suite à vos articles https://www.reponses-catholiques.fr/pourquoi-la-communion-a-la-main/ et https://www.reponses-catholiques.fr/encore-la-contestation-de-la-communion-a-la-main. Je reparle encore de la façon de communier et pas du geste de paix car vous conviendrez que la façon de recevoir le Corps de Jésus est tout de même plus importante que le geste de paix. On ne peut pas dire que les mains du prêtre ordonné ne sont pas si sacrées que cela car les ministres extraordinaires peuvent distribuer la communion ou qu’on la porte aux malades par exemple. Ce n’est pas une justification valide. Les mains du prêtre sont sacrées et certains fidèles sont délégués (normalement par l’évêque) pour distribuer la communion. Cela ne doit donc pas être prétexte à justifier la communion dans la main par tous les fidèles. De plus, du point de vue logique, autorisation n’implique pas préférence. La communion dans la main a été autorisée, c’est un fait mais a-t-elle été encouragée officiellement par l’Église ? Par certains pasteurs c’est indéniable, j’en témoigne et je pense que cela a conduit à une perte du sacré dans nos liturgies. J’ai toujours communié dans la main jusqu’à encore récemment parce qu’on m’a dit de faire ainsi et mon catéchisme vidé de sa substance ne m’a pas permis de réaliser avant récemment que c’était vraiment Jésus que je recevais en moi dans la communion (absence du sacré). J’ai réalisé à titre personnel que je ne savais pas recevoir Dieu comme il se devait, j’ai changé ma façon de faire car je pense que c’est préférable. Notre attitude corporelle témoigne aussi de ce qui on reçoit. Plusieurs voix de saints ou de personnes dans la hiérarchie de l’église en témoignent, par exemple : Mère Térésa : “C’est comme la permission des évêques donnée il y a quelques années pour recevoir la sainte communion dans la main. C’est permis, mais ce n’est pas un ordre…” https://www.motherteresa.org/french/receiving-communion.html).Benoît XVI le 22 mai 2008 : “La communion à genoux est une tradition ancienne qui existe depuis des siècles, et, d’autre part, elle est un geste particulièrement expressif d’adoration, tout à fait approprié à manifester la vraie présence réelle et substantielle de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans les espèces consacrées. ” Saint Jean-Paul II à Mgr Laise : “Une lettre apostolique a été écrite, qui prévoit que, pour cela, il faut une autorisation spéciale valide. Mais je vous dis que je ne suis pas en faveur de cette pratique, et que je ne la recommande pas non plus. Cette autorisation a été accordée en raison de l’insistance particulière de certains évêques diocésains.” et voir Dominicae Cenae. Le Cardinal Burke dans la préface du livre Bref examen critique de la Communion dans la main qui vient de paraître : “Si l’étude attentive du texte nous aide à comprendre comment la pratique de recevoir la sainte Communion dans la main s’est imposée à notre époque, elle met également en évidence les raisons profondes de la préférence claire et constante de l’Église pour la réception de la sainte Communion sur la langue.” Le Cardinal Sarah s’est aussi prononcé à plusieurs reprises. Pour avoir assister à de nombreuses messes en Pologne, je n’ai jamais vu de fidèle communier dans la main (et les églises sont toujours bondées le dimanche). Il y a donc des voix dans l’Église qui donnent une préférence pour la communion sur la langue et plus généralement pour un retour du sacré dans les paroisses où il a été perdu suite aux réformes conciliaires. Ma question est donc la suivante : communier dans la main est autorisée, c’est un fait, mais quelle est la préférence ou recommandation de l’Église pour la nouvelle évangélisation si chère à Saint Jean-Paul II ?

Au milieu de cette longue glose, nous voyons deux questions. Mais commençons par évacuer la question de la Pologne. Il est indéniable que la très grande majorité des fidèles communient à la bouche en Pologne. Mais la Conférence épiscopale a-t-elle interdit la communion à la main ? Nous l’ignorons et, pour notre part, nous avons pu sans problème communier à la main lors d’un Triduum pascal là-bas. Par ailleurs, nous ne savons pas non plus quelles mesures ont été prises pendant la crise sanitaire dans ce pays. Ce que l’auteur de la question affirme est-il valable pendant la pandémie ? Les messes ont-elles été interdites ?  Y a-t-il des jauges pour éviter des églises « bondées », comme elles le sont effectivement en temps normal ? En outre, il n’échappe à personne que www.reponses-catholiques.fr ne publie pas depuis la Pologne donc nous ne voyons pas le rapport.

Car voici bien le problème majeur de cette question, que nous pressentons depuis que toutes ces questions à propos de l’interdiction de la communion à la bouche pendant la Covid nous arrivent. Il est indéniable qu’interdire la communion à la bouche prive un fidèle d’une liberté légitime, prévue dans le Magistère. Mais il est indéniable aussi que cela est fait pour des raisons particulières et nous avons cité de nombreux autres exemples où la communion à la main est impossible lors d’une occasion particulière, sans que personne ne s’en émeuve. Or, avec la question présente, on en arrive par glissement à des tentatives de plus en plus insistantes d’interdire la communion à la main tout court. Et donc à la volonté de priver l’autre, le frère, de sa propre liberté. Nous comprenons bien, de ce fait, que l’auteur de la question ne se préoccupe pas beaucoup de la suspension de geste de paix. Là où les questions précédentes s’anglaient sur le non-respect du rituel, ici, pas besoin de s’embarrasser de le respecter puisqu’il s’agit d’imposer une pratique qui ne lui est pas tout à fait conforme.

Par ailleurs, écrire que « J’ai toujours communié dans la main jusqu’à encore récemment parce qu’on m’a dit de faire ainsi et mon catéchisme vidé de sa substance ne m’a pas permis de réaliser avant récemment que c’était vraiment Jésus que je recevais en moi dans la communion (absence du sacré). J’ai réalisé à titre personnel que je ne savais pas recevoir Dieu comme il se devait, j’ai changé ma façon de faire car je pense que c’est préférable. », c’est imposer sa vision aux autres, contre le Magistère de l’Eglise. C’est faire un un lien entre sa propre absence de foi dans la Présence réelle et celle, supposée, des centaines de millions de catholiques, peut-être un milliard, qui communient à la main mais qui, eux, croient en la Présence réelle. Pire, c’est subordonner la Présence réelle à la façon de la recevoir, comme si c’était le fidèle qui en décidait et non le Seigneur maitre du Ciel et de la Terre. Soit la Présence est réelle, soit elle ne l’est pas, et ce n’est pas le mode de communion qui le change.

« On ne peut pas dire que les mains du prêtre ordonné ne sont pas si sacrées que cela car les ministres extraordinaires peuvent distribuer la communion ou qu’on la porte aux malades par exemple. Ce n’est pas une justification valide. » Si, on peut le dire et ce n’est pas à l’auteur de la question de dire ce qui est valide ou non. On peut d’autant plus le dire qu’il admet immédiatement que « certains fidèles sont délégués (normalement par l’évêque) pour distribuer la communion. », ce qui est exactement ce que nous disons. Il se contredit lui-même.

Nous rendons grâce à Dieu pour la sainteté de la vie de Ste Mère Teresa de Calcutta. « C’est comme la permission des évêques donnée il y a quelques années pour recevoir la sainte communion dans la main. C’est permis, mais ce n’est pas un ordre… ». Voilà de sages paroles et nous ne dirons pas mieux. C’est permis mais ce n’est pas un ordre. Les fidèles qui le font n’ont aucun compte à rendre à ceux qui ne le font pas et les accuser de mal faire est profondément malveillant.

« La communion dans la main a été autorisée, c’est un fait mais a-t-elle été encouragée officiellement par l’Église ? » Nous avons déjà répondu à cette question. Ceux qui voient une communion à deux vitesses ont de bonnes chances de ne pas être à la bonne vitesse, si on reprend l’Histoire de l’Eglise, car ce sont eux qui sont le plus éloignés de la Tradition apostolique. Par ailleurs, lorsque Benoît XVI a fait communier à la bouche lors des JMJ, cela a fait grand bruit parce que c’était une nouveauté : on communiait à la main aux JMJ précédentes présidées par St Jean-Paul II… Et la communion était bien donnée à la main lors de la béatification, puis la canonisation de ce dernier. On pourrait multiplier les exemples d’eucharisties lors de grands rassemblements internationaux, d’ordinations, de vœux religieux etc. Donc, si le St Siège donne l’exemple de la communion à la main, n’est-ce pas un encouragement officiel ? De plus, un évêque peut toujours interdire la communion à la main dans son diocèse et on peut toujours en trouver un qui le fasse. Mais qui le fait ? Et, pour en revenir à la France, qui le fait en France ? Quel évêque le décourage ? Nous n’en connaissons aucun, ni pendant la crise sanitaire, ni en temps normal.

Notons, au passage, que la citation de Benoît XVI de la question parle de la communion à genou, ce qui n’est pas la même chose. On peut bien communier à la bouche debout et à la main à genou, ça n’a rien à voir. Mais, le plus intéressant, est la référence à St Jean-Paul II. Nous avons déjà dit qu’on communiait à la main dans les liturgies qu’il présidait, nous en sommes témoins.

Mais l’auteur de la question a bien fait d’attirer notre attention sur Dominicae cenae. Car ce texte indique qu’ « En certain pays est entrée en usage la communion dans la main. Cette pratique a été demandée par des Conférences épiscopales particulières, et elle a obtenu l’approbation du Siège Apostolique. (…) Il est difficile par conséquent, dans le contexte de la lettre actuelle, de ne pas mentionner les douloureux phénomènes rappelés plus haut. En rédigeant ces lignes, je ne veux en aucune façon me référer aux personnes qui, recevant le Seigneur Jésus dans la main, le font dans un esprit de dévotion et de respect profonds, dans les pays où cet usage a été autorisé.

Bref, même si St Jean-Paul II met en garde contre des abus possibles, il précise bien 1) que la communion à la main est bien approuvée officiellement par l’Eglise ; 2) que c’est manquer particulièrement de charité que de dénigrer la foi de ceux qui communient ainsi.

Le St Père poursuit : « Il nous faut agir, par conséquent, selon les principes établis par le dernier Concile qui, dans sa constitution sur la sainte liturgie, a défini les autorisations et les obligations de chaque Evêque dans son diocèse comme aussi des Conférences épiscopales, étant donné que les uns et les autres agissent en unité collégiale avec le Siège Apostolique. ». Donc tel ou tel prélat peut bien donner son avis, Ce sont l’évêque de chaque lieu et les Conférences épiscopales qui peuvent validement et licitement statuer. Nous n’en connaissons pas qui auraient statué contre la communion à la main, et c’est une certitude en France.

Enfin, « Toucher les saintes espèces, les distribuer de ses mains, est un privilège des personnes ordonnées, qui indique une participation active au ministère de l’Eucharistie. Il ne fait aucun doute que l’Eglise peut concéder cette faculté à des personnes qui ne sont ni prêtres ni diacres, comme le sont les acolytes dans l’exercice de leur ministère, spécialement s’ils sont destinés à une future ordination, ou d’autres laïques qui y sont habilités pour une juste nécessité, et toujours après une préparation adéquate. » Ce qui est exactement ce que nous disons.

Commentaires

  1. Un passant

    Cher frère en Christ, votre article est repoussant. Le Christ était doux et humble de coeur, les âmes cherchent la douceur. Votre aveuglement sur vous-même pose un vrai problème pour quelqu’un qui prétend par son titre apporter des “réponses catholiques”. Allons-y gaiement :

    Premiers mots : “au milieu de cette longue glose…”. Petite brebis ignorante je t’ai invité à me poser une question : eh bien tu as trop parlé. Ca t’apprendra à venir poser des questions à quelqu’un d’aussi sage que moi. Mon temps est précieux, petite brebis, beaucoup plus que le tien. Et pour t’apprendre ce qu’est la concision, je vais t’infliger une réponse encore plus longue que ta question.

    Ensuite, l’être humain fonde ses convictions sur ce qu’il a vu et expérimenté. Vous aussi. Quand une âme vous parle de son parcours ou de ce qu’elle a vu ailleurs comme exemple, ne répondez pas que vous ne voyez pas le rapport ou qu’elle est prétentieuse à vouloir imposer son jugement : c’est vous qui interprétez de manière scandaleusement et honteusement défavorable, et transformez en jugement ce qui n’est qu’un témoignage. Le reste est à l’avenant. Votre propos est par ailleurs faiblement argumenté, et votre crainte d’être jugé vous rend faible et inexact dans votre argumentation. Elle est très facilement réfutable, mais ce soir ce n’est pas le point le plus important.

    Je m’arrête ici. Ne dites pas que vous apportez des réponses catholiques, c’est faux. Vous ne savez rien de la tendresse du Christ pour les âmes. Vous ne connaissez pas le prix des âmes. Vous ne savez pas ce qu’il en coûte de gagner une âme. Vous affichez “catholique” sur la devanture et vous vous instituez sanhédrin. Ce n’est pas comme cela qu’on traite les gens qui cherchent des réponses. Je vous parle avec brutalité, parceque vous vous êtes exprimé comme une brute, arrogante et pontifiante. Quelle honte de se prétendre catholique et de se comporter publiquement comme un roquet. Modifiez vite votre texte, avant qu’une âme en recherche ne la lise : vous aurez fait plus pour l’Islam, le bouddhisme ou le n’importe-quoi-isme que cent de leurs prédicateurs. Je tremble à l’idée qu’un jour j’ai peut-être été comme vous, et que personne ne m’aurait prévenu. Si c’est le cas, que Dieu me pardonne, et vous fasse la grâce, nous fasse la grâce, de mieux le connaître. PS : mon e-mail est inactif. Vous avez écrit de manière anonyme (superbe ET lâche, quelle belle combinaison, tellement banale hélas), je vous rends la monnaie de votre pièce. Mais enfin monsieur, pour qui vous prenez-vous pour prétendre apporter d’aussi méchantes “réponses (pseudo-)catholiques”?… Jusqu’à votre bouton “Soumettre” la réponse, au moins le pékin est averti : vous êtes en haut et lui en bas, qu’il se le tienne pour dit. #guignolducontretémoignage #lestrotskystesnelontmemepaspayé. Allez, je me calme. Ca fait longtemps que témoignez courageusement, vous ne vous êtes pas vu dériver. Votre générosité vous a entrainé trop loin. D’accord. Vacances, retraite, dodo, et puis revenez-nous en forme, avec une tête un peu moins enflée. Allez, bisou et portez-vous bien. Je confie ce message à la Miséricorde de Dieu, que ce soit pour vous et pour moi une occasion de sainteté. Dieu vous garde.

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