Morale et impôt

fraude

Question: La plupart des écrits que vous publiez sur votre site sur la fraude, le travail ou la richesse sont appuyés sur la pseudo honnêteté de ceux qui glanent l’impôt… Mais comment appelez-vous celui qui, sans servir le bien commun, vit sur un grand pied aux frais de la communauté, comme les élus politiques, les hauts fonctionnaires, et les différents dignitaires religieux, syndicaux ou associatifs ?

Les écrits que nous publions visent à éclairer le lecteur sur l’enseignement de l’Eglise, fondé sur les Saintes Ecritures et la Tradition de l’Eglise catholique. Nous espérons aider ceux qui nous lisent à trouver des réponses en matière de foi et à discerner pour prendre les meilleures décisions éthiques. Les décisions éthiques concernent la personne qui les prend et ne sont pas relatives à la vertu des autres parties prenantes. Quand, en Ex. 20, 15, il est écrit « tu ne voleras point », cela signifie pas « tu peux voler plus voleur que toi ». Cette interprétation n’est en tous cas pas reçue dans l’Eglise catholique et c’est une des raisons qui ont fait que l’Eglise n’a pas soutenu de mouvements politiques et sociaux qui prétendaient spolier les riches. Ce n’était pas le cas vis-à-vis des circoncellions du temps de St Augustin; cela ne l’a pas été non plus au sujet de la théologie de la libération, qui légitime la lutte armée contre les riches, sous St Jean-Paul II.

En tout état de cause, l’honnêteté ou la malhonnêteté des agents de l’Etat et élus politiques ne doit en rien justifier des malversations, vols ou fraudes. Chacun est d’ailleurs invité à regarder sérieusement la « poutre dans son œil » plutôt que « la paille » (Lc 6, 41) dans celui de tous les agents publics. Il est peu crédible que toutes leurs « pailles » soient de même taille et spéculer sur leur absence d’honnêteté générale et sans nuance est intenable intellectuellement et moralement.

S’agissant des responsables syndicaux et associatifs, ils sont payés – lorsqu’ils ne sont pas bénévoles – avec des dons, des cotisations, le produit de l’activité de leur association et seulement dans une certaine mesure avec de l’argent public. Voire pas du tout, s’agissant de certaines associations catholiques. Nous invitons l’auteur de la question à passer une nuit de maraude auprès de permanents d’associations prenant en charge les personnes de la rue pour se rendre compte du « grand pied » sur lequel ils vivent et de revoir par la suite la formulation de sa question.

Quant au « grand pied » sur lequel vivraient les responsables religieux, nous ne sommes compétents pour répondre qu’au sujet des catholiques. Rappelons que les cultes ne sont en rien financés par l’impôt en France (sauf en Alsace-Moselle et certains DOM). En outre, le Denier de l’Eglise est libre et facultatif. Donc on ne voit pas en quoi le « pied », grand ou petit, sur lequel les responsables religieux vivent, regarde quiconque ne souhaite pas leur verser un centime. Quant aux départements concordataires, nous attendons des éléments précis permettant de dire que les prêtres de Guyane, salariés au SMIC et que le Conseil départemental a refusé de payer en 2015, vivraient « sur un grand pied ».

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