Marx, le suicide et “l’opium du peuple” (1/2)

J’ai moi aussi répété cette erreur (volontaire chez ceux qui la propagent) prétextant que Marx ne critiquait pas la religion mais se félicitait de son existence car sans elle les gens se suicideraient. Or il n’en est rien. Je l’ai entendue dans son contexte elle s’élève BEL et BIEN contre l’existence du christianisme, abrutissant -d’après Marx – les peuples au profit de leurs exploiteurs. De nos jours, la présence du christianisme rétrécit chaque jour davantage et les suicides augmentent. Que se passe-t-il? Poser la question c’est y répondre. (1/2)

Cette question fait référence à notre article « Marx et St Paul » : https://www.reponses-catholiques.fr/marx-et-st-paul-23/ du 22/5/17, où nous affirmions que, pour réfuter une erreur, encore faut-il l’avoir lue et que le fameux « La religion est l’opium du peuple » avait été mal interprété par les marxistes.

Marx ne parle pas du suicide éventuel des personnes opprimées, du moins dans le passage de la citation en question. Peut-être qu’il avait cette idée en tête car s’il parle de la religion comme un palliatif, c’est effectivement pour aider à vivre. Mais il n’évoque pas explicitement le suicide. S’il le fait dans un autre passage ou une autre œuvre, nous prions le lecteur de nous donner la référence exacte… Ce qui suppose de l’avoir lue.

De même, écrire que « je l’ai entendue dans son contexte » pose un problème. Marx étant mort, l’auteur de la question n’a pas pu l’« entendre ». Et comme il nous demandait le 22/5/17 : « Est-on obligé de se farcir Marx pour répondre aux marxistes? », cela implique qu’il ne l’ait pas lu non plus et qu’il recommande de ne pas le lire. Il en résulte que le « contexte » en question n’est pas de la source, c’est-à-dire Marx lui-même, mais d’une interprétation de deuxième main. Or, justement, nous expliquons que Marx est mal interprété par les marxistes.

Que les suicides augmentent avec la déchristianisation est certain. Des études canadiennes montrent en effet que les croyants vivent en moyenne 30% de plus que les non-croyants, entre autres parce qu’ils sont mieux socialisés dans une vie communautaire, qu’ils restent davantage en couple (ce qui est une condition de longévité, les personnes en couple vivant statistiquement plus âgées que celles qui sont seules)… Et qu’ils se suicident moins.

Mais nous avons alors un problème logique :

–        Soit Marx pense vraiment que la religion est bénéfique pour la prévention des suicides, et on ne voit pas pourquoi il la critique. Il est donc dans l’erreur, ce que nous disons à deux reprises dans notre article du 22/5/17

–        Soit il ne voit pas de rapport et il n’y a pas de lien logique entre ses propos sur la religion et la prévention du suicide.

La seule façon de trancher ce point est de connaître son œuvre, ce qui implique de la lire et/ou de l’étudier.

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