Martyre à la messe

Est-ce qu’un chrétien qui meurt dans un attentat à la messe est martyr?

« Martyr » signifie « témoin » en grec. Un chrétien est déclaré martyr s’il est tué par d’autres en haine de la foi catholique, lui-même confessant explicitement cette foi et, le cas échéant, refusant de la renier. Il témoigne ainsi de sa foi au Christ jusqu’au don de sa vie.

Un attentat qui vise une église pendant la messe est assez clairement un acte de haine contre la foi catholique, ou plus largement, chrétienne. Aller à la messe est normalement un témoignage de foi public – une messe est une cérémonie publique – puisqu’on récite le Credo lors d’une messe dominicale et qu’on répond « amen » à la doxologie à la fin de la consécration. Ces éléments plaident donc pour qu’une personne mourant dans ces circonstances soit considérée comme martyre.

C’est cependant à l’Eglise, de déclarer martyres ou non les victimes. Des cas particuliers nécessitent peut-être d’être tranchés : par exemple, des incroyants ou personnes d’autres religions qui se trouveraient à cette messe à ce moment-là par hasard, parce qu’elles accompagnent quelqu’un etc. Le respect évident du à leur mémoire n’est pas la même chose que le martyre. De même, tout comme un chrétien mourant dans un conflit ne l’est pas forcément en haine de la foi et n’est donc pas forcément martyr. Donc, en l’espèce, un chrétien qui meurt dans un attentat à la messe ne sera canoniquement martyr qu’une fois que l’Eglise l’aura déclaré. Cela n’empêche pas, en attendant, d’honorer sa mémoire comme chrétien, bien sûr de prier pour lui, et pourquoi pas de faire appel à son intercession si cela est une dévotion privée. Une intercession exaucée pourra d’ailleurs être utile pour la postulation de la cause de la victime en question.

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