Mariage civil non consommé et homosexualité (ou non)

Je suis divorcée et remariée civilement depuis 17 ans avec un homme qui n’a guère su me rendre heureuse même si aujourd’hui nos rapports sont plus paisibles. Par conviction religieuse je n’ai aucune relation sexuelle avec mon mari. Je ne suis guère une épouse épanouie même si aujourd’hui j’accepte ma situation et une vie sans tendresse et sans amour. Je ne puis accepter l’homosexualité, nouvelle coqueluche de notre société pervertir, mais j’avoue me poser beaucoup de questions. Lorsque j’entends ces “homos” raconter leur vie qui a souvent été difficile, parfois désespérée, et terminer en expliquant qu’ils vivent le plus parfait bonheur dans une relation avec quelqu’un de leur sexe, je ne sais que penser. Cela voudrait donc dire qu’une relation normale, entre un homme et une femme, même sans véritable amour, est plus souhaitable que ces unions entre deux hommes ou deux femmes qui semblent, eux, avoir trouvé le paradis sur terre. Je peux comprendre la détresse de cette population dont les membres sont un peu considérés comme des parias et souvent moqués mais il m’est difficile d’admettre que cet “état” particulier qu’ils disent souvent vivre depuis l’enfance leur apporte un bonheur qui m’est refusé. En vérité, je ne sais pas trop quels doivent être mes sentiments à leur égard : faut-il se réjouir pour eux ou doit-on les mettre en garde contre le péché ?

Il nous semble que la question fait une confusion sur deux sujets qui n’ont rien à voir. Quel rapport avec un mariage civil non heureux et l’homosexualité, ou plus spécifiquement le « mariage » homosexuel ? Ca n’a tout simplement rien à voir.

1° S’agissant de ce mariage civil, il y aurait beaucoup à dire. Pour commencer, ce n’est finalement pas un mariage du tout parce que, en théologie catholique, un mariage, même naturel (ce que pourrait être un mariage civil), n’est valide que s’il est consommé. Nous comprenons donc bien pourquoi l’auteur de la question n’a pas voulu se rendre adultère par rapport à son mariage sacramentel en n’ayant pas de relations sexuelles avec son deuxième mari. Mais nous ne comprenons alors pas pourquoi se marier. Si c’est pour une sécurité matérielle, de solutions juridiques civiles existent parfaitement : colocation, faire des donations au dernier vivant etc. A moins que les deux conjoints soient très âgés (et encore, beaucoup de personnes âgées ne seraient pas d’accord avec nous), se marier sans avoir une vie de couple normale n’a pas de sens.

On comprend alors que le mari ne soit pas satisfait de la situation. N’y a-t-il pas d’autre solution, comme d’examiner une procédure en nullité du premier mariage? S’il n’y a pas de « tendresse et d’amour » dans ce couple, la vie affective peut se vivre autrement que dans le mariage : l’amitié, la vie communautaire consacrée (par exemple dans un tiers ordre ou un mouvement laïc), le don de soi dans des activités caritatives etc.

2° Cela n’a rien à voir avec l’homosexualité. L’homosexualité, c’est-à-dire avoir des relations avec une personne de son sexe, n’est pas un chemin de vie chrétienne, et cela depuis les débuts de la Révélation biblique. Nous ne pouvons pas dire autre chose et avons déjà écrit plusieurs articles sur le sujet. En outre, le « mariage » homosexuel n’est tout simplement pas un mariage et ne remplit pas les conditions chrétiennes d’un mariage. Nous ne détaillons pas ici les arguments très abondants qui ont été mobilisés au moment de la Loi Taubira. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas été écoutés par les pouvoirs publics qu’ils ne sont pas toujours plus valables que jamais.

Que des personnes vivant une relation homosexuelle soient heureuses ou non, cela les regarde et il faut être très prudent avant de porter des opinions sur leur intimité. Il est assez courant que certaines soient dans le déni et ne le vivent en fait pas bien du tout.

Plus largement, les personnes qui ont des attirances pour leur propre sexe vivent effectivement souvent une situation difficile. Elle peut se vivre chrétiennement. Certaines personnes dans ce cas font courageusement un chemin de travail sur soi et de croissance spirituelle pour découvrir l’altérité de l’autre sexe, faire une démarche de guérison intérieure ou d’évangélisation des profondeurs, ou, parfois de choix de la chasteté. Il faut considérer leur itinéraire avec respect et garder, avec elles, la conviction que le Christ regarde toute personne avec amour et que l’identité de quelqu’un n’est jamais réduite à son orientation sexuelle. Personne n’est homosexuel. Tout le monde est un homme ou une femme qui a des attirances plus ou moins ordonnées, auxquelles il ou elle donne prise… Ou pas.

Mariage civil non consommé et homosexualité (ou non)
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