Lire les mystiques

Quels sont les auteurs mystiques à lire, qui ont vécu intensément la rencontre avec Jésus?

C’est une belle et vaste question car, évidemment, l’Eglise est riche de la foule de ses saints et, s’ils sont saints, c’est justement parce qu’ils ont vécu une « rencontre intense avec Jésus ». Naturellement, certains ont eu une rencontre plus intense que d’autres, certains ont eu une expérience mystique, ou ont pu en rendre compte avec plus ou moins de talent.

En outre, lire tel ou tel auteur dépend aussi de sa propre spiritualité : en se cantonnant aux grandes familles spirituelles, si le lecteur est plutôt de sensibilité bénédictine, la Règle du fondateur St Benoît le nourrira sûrement, ou les écrits plus mystiques du réformateur St Bernard. Un ignacien pourra lire par exemple le Mémorial de St Pierre Favre, ou, un peu plus décapant, le Guide spirituel de Surin. L’Ecole française a donné des chefs d’œuvre tels que l’Introduction à la vie dévote de St François de Sales. Quiconque a une forte dévotion pour le Sacré-Cœur se référera au Petit Journal de Ste Faustine. Les lecteurs attirés par la sainteté de la vie laïque de l’Opus Dei découvriront Chemin, du fondateur St Josémaria. Dans tous les cas, la lecture des Pères du désert n’est pas facile mais fondamentale pour celui qui veut entrer dans les sources de la mystique. Des collections comme Sources chrétiennes en ont des éditions excellentes.

Bref, il y en a de tous les goûts, toutes les difficultés (les mystiques rhénans), toutes les époques, tous les états de vie. Car des laïcs ont pu écrire de magnifiques œuvres spirituelles. Pensons aux philosophes Simone Weil (La pesanteur et la grâce) ou Pascal (Pensées). Mais n’allons pas plus loin dans l’énumération tous azimuts d’une liste non exhaustive et qui ne mentionnera pas, de toutes façons, tous les trésors de la spiritualité chrétienne.

En effet, c’est une assertion assez personnelle mais il nous semble cependant que des sommets de la vie mystique sont atteints dans la spiritualité carmélitaine. L’Histoire d’une âme de Ste Thérèse de Lisieux est absolument incontournable, une fois que l’obstacle du style d’apparence un peu mièvre du XIXe siècle est franchi. La profondeur de celle que l’Eglise n’a pas déclarée Docteur de l’Eglise pour rien rejoint celle d’autres auteurs carmélitains (Elisabeth de la Trinité, Edith Stein) et de son plus grand mystique, Jean de la Croix. Mais entrer dans la démarche de la nuit obscure du saint espagnol n’est pas facile. Si nous avons un seul auteur à recommander, nous citerons par conséquent la Grande Thérèse après la Petite : Ste Thérèse d’Avila. Les plus hautes altitudes de la vie mystique sont dites avec beaucoup d’humour et de pédagogie. Et, pour entrer dans l’itinéraire de la Santa, nous conseillons sans hésiter de commencer par Les fondations. Puis de continuer avec la Vie. Aborder les œuvres plus difficiles que sont Le chemin de la perfection et, surtout, Le château intérieur, implique d’avoir une vie d’oraison déjà bien en place. Ce n’est pas tout de lire : la lecture doit conduire à la prière et vice-versa.

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