Les tomates et les poivrons de Maria Valtorta

Dans l’exemple que vous prenez “des tomates venant d’Amérique”, Maria Valtorta a peut-être tout simplement pris un petit poivron rouge ou une variété de ce légume de l’époque ou une variété de piment ancestral…pour une tomate ?!?! Je ne le sais pas et personne ne le sait sauf Notre Seigneur… Il y a très certainement une explication toute simple mais vu que des recherches récentes ont fait apparaître des traces humaines avant Colomb et ses successeurs…. Rien n’est donc impossible, et pour ma part je suis bluffé par les écrits de Maria Valtorta, et peut être à tort. Ces “révélations” n’ont sûrement pas fini de faire parler et l’avenir nous le dira, en tout cas les lire “ne retire rien” tant que nous suivons l’Evangile et les Commandement de Jésus, donc du Père et de l’Esprit Saint, à la rigueur cela peut aider à comprendre des situations comme lorsque Jésus dit “qui sont mes frères qui est ma Mère…” Maria Valtorta explique la situation que Marie comprend fort bien…. et c’est très certainement vrai que Marie avait toute confiance en TOUTES les paroles et TOUS les actes de SON FILS. Bon je ne suis pas théologien en encore moins apte à juger de ces écrits, je suivrai la position de l’Eglise si un jour elle se positionne, en attendant les avoir lus ne peut nuire… Encore merci pour tous vos éclairages et vos réponses…..

Lire les écrits de Maria Valtorta en s’en remettant à la position de l’Eglise et en suivant d’abord l’Evangile nous semble, en effet, l’attitude la plus sage. Nous ne savons pas si ces écrits peuvent nuire ou non, tant mieux s’ils ont un intérêt spirituel pour certains. Mais il convient de ne pas être tentés de les substituer à l’Ecriture et au Magistère, d’où nos appels à la prudence.

Car, puisque la question porte sur des tomates qui seraient en fait des poivrons… Le problème, c’est que les poivrons viennent aussi d’Amérique et qu’ils étaient inconnus en Palestine avant Christophe Colomb. Que les Vikings aient atteint Terre Neuve vers l’An Mil et qu’ils soient les véritables premiers explorateurs de l’Amérique, c’est un fait admis par le consensus scientifique. Mais enfin, il ne pousse pas beaucoup naturellement de tomates et poivrons à Terre Neuve et on ne peut pas invoquer un quelconque réchauffement climatique pour le prétendre en l’An Mil. Les autres théories de la découverte du continent américain par les Polynésiens, les Egyptiens, les Phéniciens, les Atlantes et j’en passe, sont plus que douteuses et, en tous cas, ne sont pas prouvées scientifiquement. C’est quand même gênant.

Les vies de saints brodées d’éléments légendaires ont fait bien du tort à l’évangélisation et obscurci le message évangélique, le vrai, avec sa part de surnaturel qui ne devenait ainsi plus audible. C’est bien pour cela que l’Eglise a écarté des évangiles apocryphes qui flirtaient trop avec le merveilleux. La science n’est pas ennemie de la foi, elle peut être sa servante quand elle est bien comprise. Un documentaire intéressant rediffusé en septembre 2020 montrait comment le phénomène de Lourdes, paradoxalement, s’était construit avec la science. Sans les expertises et le discours scientifique autour des miracles, le message de Lourdes n’aurait pas été aussi diffusé et le pèlerinage n’aurait pas attiré autant de fidèles.

La rigueur scientifique et la raison doivent donc être exercées sur des révélations privées. C’est pourquoi l’Eglise est si prudente avant de reconnaitre une apparition ou un miracle. C’est aussi vrai pour l’œuvre de Maria Valtorta comme pour le reste. Une lecture historico-critique est indispensable pour l’édification des fidèles.

Prenons un exemple : certains affirment qu’Abraham n’a jamais existé car la Genèse évoque des chameaux, alors que ces animaux n’étaient pas présents au Proche-Orient à l’époque à laquelle était censé vivre Abraham, vers 1800 av. J.-C. En revanche, ils étaient présents après – 1000. Or, l’analyse historico-critique a montré que la Genèse, comme une grande partie de l’Ancien Testament, a été écrite au moment de l’Exil à Babylone, au VIe siècle av. J.-C., voire plus tard. Donc les rédacteurs, eux, connaissaient les chameaux. La présence ou non de chameaux n’indique rien de l’existence ou non d’Abraham. On peut faire l’analogie avec Maria Valtorta. Elle, elle imagine des tomates et cela indique tout de même que ses visions sont, au minimum, une reconstruction avec ses biais culturels à elle. Il ne faut pas forcément prendre ses propos au pied de la lettre… Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de valeur spirituelle.