Les prêtres ne se marient plus depuis seulement le XIIIème siècle…

Tordre le coup à ces vieilles « lunes » qui circulent indéfiniment depuis des siècles est aussi utopique de vider la mer avec une passoire. Essayons quand même, d’un point de vue plus historique.

Depuis les premiers temps, l’Église a considéré que l’exercice du ministère sacerdotal était lié à la continence. Les plus anciens documents que nous possédons (début du IVème siècle – les archives de l’Église ayant été détruites lors des dernières persécutions massives de l’Empire romain) montrent que de tout temps cette discipline a été considérée comme un héritage de l’âge apostolique. En d’autres termes, à ceux qu’elle appelait au diaconat, au sacerdoce ou à l’épiscopat, elle a toujours demandé de renoncer à l’usage normal du mariage. En d’autres termes, le ministère du Christ dans l’Église devait être rempli par des hommes qui manifestaient dans leur vie ce don total d’eux-mêmes en renonçant au mariage. Qu’il y ait eu des faiblesses dans ce domaine ne remet pas en cause cette évidence pluriséculaire. On pourrait montrer assez aisément que l’Église d’Orient est revenue sur une pratique pourtant solidement établie par la tradition. Mais ceci est un autre débat.

Remarquons, en passant, que la contestation du célibat ecclésiastique a souvent été liée à des périodes de décadence ou de contestation majeure de la foi (les deux étant parfois liés). À l’inverse, les plus grandes figures de sainteté de l’Église, hommes ou femmes, ont été défenseurs de cet idéal, y apportant leur contribution par l’exemple ou l’enseignement. L’insistance sur le célibat ecclésiastique au XIIIème siècle n’est donc pas une nouveauté, mais un rappel que les grands réformateurs (saint François, saint Dominique, pour ne prendre qu’eux) appuient de toute leur autorité et de leur exemple.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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