Les “frères de Jésus”

Question: comment concilier l’idée traditionnelle de la virginité de Marie avec l’expression que l’on trouve parfois dans le Nouveau Testament de “frères de Jésus”?

Tout d’abord, il faut noter que l’Eglise a toujours affirmé – on en a des témoignages depuis l’ère apostolique – que la Mère de Jésus était vierge. D’abord avant l’enfantement, comme cela ressort du récit de l’Annonciation (Lc I,34-37):

Mais Marie dit à l’ange : ” Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? ” L’ange lui répondit : “L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; car rien n’est impossible à Dieu.”

Mais, très tôt, l’Eglise a affirmé que Marie avait gardé sa virginité, avant, pendant et après l’enfantement.

Il est vrai que cela paraît contradictoire avec l’expression “les frères de Jésus” qui apparaît à quelques endroits dans le Nouveau Testament (par exemple Mt XII,46 ou Lc VIII,19).

Là-dessus, la Tradition a toujours affirmé que le terme grec “adelphoï” (frères) devaient se comprendre, dans ce contexte, comme “cousins”, c’est-à-dire qu’il s’agit de parents plus éloignés, qui ne sont pas fils de Marie. La question de savoir si saint Joseph a, quant à lui, eu des enfants n’est pas, que je sache, tranchée par l’Eglise. Mais cela ne me paraît guère vraisemblable. On voit mal comment la Sainte Famille n’aurait un modèle de fidélité partagée.

Ce qui est, en tout cas, certain, c’est que les exégètes modernistes qui prétendent en finir avec la virginité de Marie ne sont guère originaux. Déjà, les milieux des rédacteurs du Talmud prétendaient que la Vierge Marie était une prostituée enceinte d’un légionnaire romain. Car Isaïe ne laisse aucun doute sur le fait que la Vierge enfantant un fils est un signe messianique (Is VII,14). En attaquant la virginité de Marie, c’est, en réalité, à la divinité de Notre-Seigneur que l’on s’en prend.

Les “frères de Jésus”
4.6 (92%) 5 votes