Les évêques hors de l’Eglise catholique

Evêques orthodoxes

Evêques orthodoxes

Question: Puisque l’Eglise catholique reconnaît aux évêques sédévacantistes sacrés par Mgr Thuc dans les années 1970 et au début des années 1980, ou à ceux consacrés par Mgr Lefebvre en 1988, la qualité de successeur des Apôtres, évêques valides, j’aimerais savoir quel est sa position concernant les évêques des Eglises orthodoxe, anglicane, gallicane et vieille-catholique.

La question soulève des sujets d’une grande complexité et très disparates selon les Eglises mentionnées. Certaines sont schismatiques, c’est-à-dire que leur rupture avec l’Eglise catholique porte davantage sur des aspects ecclésiologiques et institutionnels qu’en théologie dogmatique. D’autres ont repris des articles de foi en partie hérétiques, au sens elles professent une foi posant des problèmes de théologie fondamentale. Les attitudes de l’Eglise catholique à leur égard seront donc différentes.

S’ajoute à ces aspects théologiques un second principe, de miséricorde auprès du simple fidèle de bonne foi, pas forcément au fait de ces subtilités. Pour ce qui est des églises séparées plus récemment de l’Eglise catholique, les sacrements de leurs évêques (et donc prêtres qu’ils délèguent) peuvent donc être valides, c’est-à-dire que la grâce opère pour le fidèle de bonne foi. Mais ils sont illicites, c’est-à-dire que l’évêque n’aurait pas du les administrer à un fidèle catholique et un catholique averti de ces schismes n’aurait pas du s’adresser à cette église n’étant pas en communion avec l’Eglise catholique.

Il en résulte des situations très différentes. Contrairement à ce que la question suggère, les sacrements d’évêques lefebvristes n’étaient pas licites jusqu’à ce que le Pape François les déclare tels pendant l’année de la miséricorde : concrètement, un catholique allant se confesser à un ministre lefebvriste pourra valablement recevoir le sacrement de réconciliation pendant le Jubilé de la Miséricorde. En revanche, des personnes baptisées dans ces églises doivent faire une entrée en Eglise catholique avant, par exemple, de recevoir la confirmation ou l’Eucharistie (première communion), au même titre que des protestants ou orthodoxes.

Pour ce qui est des orthodoxes, la pleine communion n’existe pas mais pour des questions relevant davantage du dialogue œcuménique que de la théologie. L’Eglise catholique serait prête à considérer valides les sacrements administrés par des ministres orthodoxes, par exemple en matière de mariage. Mais la réciproque n’étant pas vraie, la situation reste en l’état pour l’instant.

Le cas est très différent pour les Anglicans. Certes, leurs évêques font partie de la succession apostolique. Mais leurs sacrements ne sont ni valides, ni licites (sauf bien sûr le baptême, mais comme tout baptême reconnu comme chrétien). Ceci dit, le dialogue œcuménique tend actuellement à mettre en valeur les éléments de foi communs des différentes confessions, plutôt que de traiter les uns ou les autres de schismatiques ou d’hérétiques. L’espérance est que la communion de foi soit réalisée et la communion de tous les évêques devienne effective.

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