Les époux catholiques peuvent-ils se séparer ?

Je vous livre la question telle quelle : « Question très simple ! Veuillez répondre d’une façon honnête, soit directement. L’Église catholique permet-elle, ou peut-elle permettre que l’on se sépare si on est marié ? ».

Espérons ne pas avoir manqué à l’honnêteté jusqu’à présent dans la réponse aux questions posées sur ce blog… « Si je n’y suis, que Dieu m’y mette… » comme disait l’autre.

La réponse est très simple. On peut la trouver dans le Code de Droit canonique. Après avoir rappelé le devoir que les époux ont de conserver la vie en commun, y compris en se pardonnant en cas d’infidélité, l’Église indique : « Si l’un des conjoints met en grave danger l’âme ou le corps de l’autre ou des enfants, ou encore si, d’une autre manière, il rend la vie commune trop dure, il donne à l’autre un motif légitime de se séparer… » (canon 1153, §2). Il est important d’ajouter que les dispositions de l’Église précisent que les modalités de la séparation doivent être déterminées sous la supervision de l’évêque et que la réconciliation des époux ne doit jamais être exclue à priori et toujours recherchée.

Précisons. Il existe des situations où, objectivement, le conjoint et les enfants sont en danger si la vie commune persiste. Danger moral ou matériel, peu importe. À l’impossible nul n’est tenu. L’Église défend les petits et les faibles avant de protéger une « institution ». De toute façon, les époux restent mariés, et ils sont tenus à tous les autres droits et devoirs du mariage, autant qu’il est en leur pouvoir dans ces circonstances.

Il ne me semble pas que cette pratique soit nouvelle. Cf. Matthieu 5, 31, 19, 9 ; 1Corinthiens 7, 11. Voir aussi le Concile de Trente (session 24, canon 8 : « Si quelqu’un dit que l’Église se trompe lorsqu’elle décrète que, pour de nombreuses raisons, les époux peuvent vivre séparés, sans vie conjugale ou sans vie en commun, pour un temps déterminé ou indéterminé : qu’il soit anathème… ! »

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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