Les chrétiens sont-ils cannibales?

Question qui me semble idiote mais qui pourrait répondre aux interrogations de certains : le fait de manger le corps et le sang du Christ, fait-il des chrétiens des “cannibales” …?

 La question n’est pas idiote du tout : elle a alimenté l’antichristianisme dès ses débuts, et on entend toujours cette objection de nos jours. Déjà, dans l’Antiquité, les intellectuels païens anti-chrétiens ont fait courir des bruits de sacrifices humains et de chrétiens qui mangeaient les enfants, sur la base de la doctrine de l’Eucharistie.

Ceci dit, un cannibale est quelqu’un qui mange un être humain en vue de s’approprier ses pouvoirs (à la différence d’un anthropophage qui mange pour manger…). Encore faut-il manger un homme.

Or, certes Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Mais ce n’est pas le cas de la Trinité et ce n’est pas en homme que le Christ s’incarne dans les Saintes espèces. Pendant que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus à la consécration, Jésus, vrai Dieu et vrai homme, est toujours au Ciel à la droite du Père.

Dieu est Trinité. Il  peut donc être buisson ardent, « ange du Seigneur », souffle (la Personne de l’Esprit-Saint), homme (le Christ, la Personne du Fils), pain et vin (le Fils dans l’Eucharistie) etc. Il n’est pas limité par l’humanité.

D’ailleurs, si le Christ avait voulu suggérer le cannibalisme, les Saintes espèces auraient pu être de la viande et du sang. Le symbole aurait été encore plus compréhensible pour ses contemporains, car l’analogie avec les sacrifices aurait été plus directe. Bien sûr, les chrétiens d’origine juive auraient été révulsés à l’idée de boire du sang. Mais cela n’aurait pas été le cas des pagano-chrétiens et c’était tout à fait envisageable pour eux. Le dieu Mithra, un dieu sauveur d’origine perse concurrent du christianisme et très à la mode dans l’Empire romain, mourait et ressuscitait, lui aussi. Il sacrifiait un taureau pour renaitre et ses fidèles faisaient de même, puis buvaient le sang du taureau, dans un rite de regénération qui leur promettait la vie éternelle. C’était donc une solution possible.

Il est évident que ce n’est pas le choix de Jésus et que cela ne permet aucune ambigüité.

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