Les catholiques orientaux peuvent-ils rejeter la doctrine catholique?

Bonjour et merci pour le travail que vous accomplissez pour la foi catholique. Certains catholiques orientaux affirment que certains dogmes promulgués après le schisme de 1054 sont facultatifs, dans la mesure où ils n’ont pas été définis collégialement, comme ce fut le cas au premier millénaire, lors des premiers conciles œcuméniques. En conséquence, ces chrétiens disent avoir le droit de rejeter certains dogmes (le Filioque, l’Immaculée Conception, l’Assomption, la primauté romaine). Comment répondre à ces affirmations ?

Tout d’abord, nous sommes très heureux d’apporter notre humble contribution à l’annonce de la foi catholique et  encore davantage que certains lecteurs nous en remercient. Voilà un encouragement précieux.

Pour en venir à la question, on peut se demander de quels catholiques orientaux il s’agit. Nous espérons qu’il ne s’agit pas de leurs patriarches et leurs prêtres et nous en doutons fortement. En effet, ce qui différencie une église catholique orientale de sa sœur orthodoxe (par exemple, la copte-catholiques de la copte, la chaldéenne de l’assyrienne, l’arménienne-catholique de l’arménienne-apostolique etc), c’est que ses patriarches ont accepté l’autorité de l’évêque de Rome, donc le Pape, et d’être en communion avec l’église latine. Les solutions à ces rapprochements ne sont pas les mêmes selon les thèmes : large autonomie en matière de gouvernement et d’ecclésiologie, mais reconnaissance mutuelle des sacrements à quelques nuances près et adhésion à la doctrine catholique en dogmatique. Ou du moins, obtention d’un « accord » sur certaines formulations théologiques permettant de lever les accusations mutuelles d’hérésie : sur le monophysisme avec les coptes-catholiques,  sur la compréhension de Marie Mère de Dieu /Mère du Christ avec les églises issues du nestorianisme etc.

Bien sûr, ne nous leurrons pas, les sujets de débats de l’église romaine n’ont pas forcément le même écho en Orient. Il est vrai que les conclusions du Concile de Vatican II ont été beaucoup moins mises en œuvre chez les catholiques orientaux. Mais il n’empêche que les patriarches orientaux étaient présents au Concile et que ses conclusions les engagent. Certains courants dans ces églises travaillent d’ailleurs à une plus large mise en œuvre : « décléricalisation », place plus grande à la spiritualité, dialogue œcuménique et inter-religieux plus dynamique, indispensables vus les dangers auxquels font face les chrétiens d’Orient, travail pour éradiquer un certaine antisémitisme qui a disparu chez les chrétiens d’Occident… On pourrait multiplier les exemples.

Nous avons signalé dans un article récent que la question du Filioque était résolue par le Concile de Florence que, certes, les orthodoxes n’ont pas mis en œuvre, mais qui engage certainement les églises catholiques orientales. Le dysfonctionnement, c’est que les églises orthodoxes ne l’admettent pas après avoir donné leur accord,  et non que les catholiques orientales y adhèrent ! De même, le dogme de l’Assomption a été promulgué par Pie XII après une large consultation des évêques qui étaient très majoritairement pour, et les orientaux étaient particulièrement enthousiastes. Quant à d’autres sujets, de toute façon, comme à propos de Vatican II, les patriarches sont systématiquement présents aux synodes et conciles. Donc on ne peut pas soutenir qu’ils ne sont pas associés à la collégialité dans l’Eglise catholique. L’argument ne tient pas debout.

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