L’enfer est-il vide?

Un certain nombre de théologiens, forcés de reconnaître que l’existence de l’enfer est une donnée de la Saine Ecriture, se sont efforcés d’en limiter la portée, allant jusqu’à dire, à la limite, que l’enfer existait, mais qu’il était vide.

Il faut d’abord insister sur le fait que l’enfer existe bel et bien: Dieu a créé des êtres libres de l’aimer… et donc, logiquement, de refuser de l’aimer. Ces êtres sont les anges et les hommes (les autres êtres ne sont pas libres d’aimer Dieu et “l’aiment” instinctivement).

L’enfer est précisément le lieu de l’absence d’amour divin, le lieu de la haine à l’état pur.

Nous savons que ce lieu est peuplé des anges déchus, c’est-à-dire de ces anges qui ont suivi Lucifer dans son “Non serviam” (je ne servirai pas [mon Créateur]). Malgré leur intelligence bien supérieure à l’intelligence humaine, les anges déchus ont délibérément choisi contre Dieu.

Par cela seul (qui est un dogme de foi), l’enfer ne peut pas être vide.

Quant aux hommes, on voit mal pourquoi ils seraient épargnés par cet étrange défaut de la volonté et de l’intelligence qui a frappé les anges déchus. On voit mal pourquoi aucun homme ne choisirait librement de refuser l’amour de Dieu.

En revanche, il me semble assez malsain d’essayer de peupler l’enfer de tel ou tel personnage historique. Il ne nous appartient pas de savoir si telle personne s’est convertie in articulo mortis. Dieu seul est le souverain juge des âmes. Et il faut bien noter qu’un seul homme qui se perdrait serait une catastrophe infinie: un Dieu est mort pour lui et, autant qu’il le peut, cet homme rend vaine la Passion de Notre-Seigneur. La question de “l’occupation de l’enfer” n’est donc pas une question de quantité.

En tout cas, prétendre que l’enfer est vide est évidemment faux si l’on songe aux anges déchus et, au strict minimum, très téméraire, si l’on ne parle que des hommes.

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