L’Eglise et l’homosexualité

confessionnal

Question: Si tout le monde a sa place dans l’Eglise catholique romaine, pourquoi l’homosexualité humaine est-elle toujours condamnée?

Tout chrétien, aussi pécheur soit-il, a sa place dans l’Eglise catholique et peut se laisser toucher par la miséricorde divine, comme le rappelle le Pape François dans chacune de ses exhortations. Les personnes ayant des attirances homosexuelles autant que les autres. Mais le péché n’y a pas sa place. L’homosexualité n’a donc rien à y faire, Pour prendre un autre exemple, l’adultère est fermement condamné par l’Eglise, c’est même un péché très grave (ou « mortel »). Mais les personnes l’ayant commis sont toujours accueillies et invitées à se repentir, à recevoir la miséricorde du Seigneur et à changer de comportement. Cela est vrai pour n’importe quel autre désordre sexuel ou, d’ailleurs, n’importe quel désordre tout court.

L’Eglise enseigne que l’homosexualité n’a pas sa place dans la vie chrétienne car telle est la parole de l’Ecriture du début à la fin. Au début de la Bible, l’homosexualité est sévèrement condamnée dans le Livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». Le texte conclut au verset 30 sur toutes sortes de désordres : « Gardez mes observances sans mettre en pratique ces lois abominables. » Pourquoi ? La pointe de cette dénonciation est bien illustrée dans le texte de la destruction de Sodome en Genèse 14, lorsque les habitants de Sodome demandent à Loth de leur livrer les deux anges pour les violer: l’homosexualité, c’est la violence avec un dominant et un dominé, le rejet du différent, le refus de la fécondité, de l’altérité et l’exploitation du faible.

Dans les passages des Evangiles où le Christ fait face à de graves polémiques, il pointe l’attitude de ses adversaires comme pire que ceux de Sodome, pour souligner la gravité de leur faute : « Aussi, je vous le dit, pour le pays de Sodome, il y  aura moins de rigueur au Jour de jugement que pour toi » (Mt 11, 24). Façon de les comparer à ce qu’il y a de très grave à ses yeux.

On ne compte plus les passages des Lettres de St Paul ou des Epîtres catholiques dénonçant l’homosexualité comme inacceptable pour les croyants : Epître aux Romains, Première épître aux Corinthiens, etc. Citons simplement Rm 1, 27 : « Leurs femmes ont échangé leurs rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement, les hommes délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme. »

Enfin, à la fin de la Bible, dans l’Apocalypse, les deux témoins du Christ, sont suppliciés et « leurs cadavres » sont exposés « sur la place de la grande cité, Sodome ou Egypte comme on l’appelle symboliquement, là où leur Seigneur aussi fit crucifié » (Ap 11, 8).

L’Ecriture, l’ensemble de l’Ecriture, ne sauraient être plus clairs. L’Eglise ne peut qu’enseigner que ce que dit la Bible et faisant ressortir en quoi ce comportement est un désordre : il se fonde sur la violence, le refus du différent, l’exploitation du faible, l’abandon à ses pulsions plutôt que l’amour et le rejet du Christ.

Par ailleurs, l’Eglise a toujours affirmé la liberté de la personne humaine, qui ne peut jamais être enfermée dans un comportement. Personne n’est de façon définitive gouverné par ses pulsions. A ce titre, il n’y a pas d’identité homosexuelle. Personne n’est « homosexuel ». Certains ont des attraits, pour toutes sortes de raisons (psychologiques, liées à des violences subies précocement dans 80% des cas, etc), pour ceux de leur sexe et, éventuellement passent aux actes. Mais cela n’obère en rien leur avenir et leur liberté de conversion et de changement. Saint Jean-Paul II écrit d’ailleurs dans Veritatis splendor (« la splendeur de la vérité »), au n° 103 : « Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l’entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. » De magnifiques chemins de conversion et de libération intérieure se font jour chez des personnes homosexuelles, qui changent ensuite radicalement de vie.

Plusieurs lieux d’Eglise proposent donc des temps de prière, d’écoute et d’échange pour des personnes ayant une attirance pour leur sexe et voulant vivre une conversion impliquant de cesser des rapports homosexuels. Par exemple, le Parcours Courage propose une session en ce sens à Paray le Monial du 12 au 15 août 2016.

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