L’Eglise et le contrôle des armes

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Question: Que dit l’Eglise du contrôle des armes?

« Plus jamais la guerre ! » s’exclamait le Bienheureux Paul VI à la tribune des Nations unies le 4 octobre 1965, formule reprise par le Pape François dans les mêmes circonstances le 24 septembre 2015. Une des principales grâces que le Seigneur nous accorde est en effet la paix : « La paix soit avec vous » dit le Christ à ses apôtres (Jn 20, 19). De même, il invite ses disciples à être des promoteurs de la paix : « heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

Or, la paix n’est possible que s’il n’y a pas de guerre et l’Eglise a toujours tenté de juguler les facteurs de guerre, dont la prolifération des armements. Au Moyen Age, déjà, elle a agi en instaurant les « trêves de Dieu » et la condamnation de l’arbalète, arme particulièrement destructrice par rapport aux armes conventionnelles de l’époque. Force est de constater qu’elle n’est que rarement écoutée. Elle ne l’est guère actuellement sur ses propositions pour refuser l’usage directement combattant des drones, qui ne correspondent sans doute pas aux concepts de la guerre juste, tels qu’ils sont définis par la théologie morale (puisque l’assaillant ne peut subir aucune riposte de l’assailli).

L’Eglise va donc, de façon générale, soutenir toute action diminuant les risques de guerre et le contrôle des armes en est une. Pour autant, elle n’intervient que rarement sur l’aspect technique et sur les actions de non prolifération elles-mêmes, qui relèvent de la diplomatie et de la souveraineté des Etats. Son rôle est plus actif, quoique discret, dans les médiations de résolution des conflits, comme lors de la résolution de la crise des missiles de Cuba, le conflit au Mozambique, les négociations entre les groupes armés et le pouvoir central en Colombie…

Ceci dit, l’Eglise a toujours accepté – ou s’est abstenue de critiquer trop frontalement –  la légitime défense et la guerre comme moyen ultime de se défendre. C’était vrai au temps des croisades pour sauver les chrétiens d’Orient, à la bataille de Lépante pour arrêter l’invasion turque, lors de la course aux armements lors de la guerre froide contre le bloc communiste, contre les Talibans et Al Qaïda après le 11 septembre ou actuellement, pour, à nouveau, sauver les chrétiens d’Orient et les Yezidis de ce que toute la communauté internationale reconnait maintenant comme un génocide (cf. déclaration de John Kerry, Secrétaire d’Etat américain le 16 mars 2016).

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