L’Eglise autorise-t-elle la crémation?

Le nouveau code de droit canonique ne condamne plus explicitement la crémation, même s’il continue à encourager l’enterrement. Mais, pour bien comprendre, revenons un peu en arrière. Le Code de droit canonique de 1917 disait sur ce sujet (can. 1203 §1):

Les corps des fidèles défunts doivent être ensevelis, leur crémation étant réprouvée.

Le Code de 1983 écrit, quant à lui (can. 1176 §3):

L’Eglise recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne.

Quel est le problème de la crémation?

Principalement qu’elle fut, pendant longtemps, une revendication anti-chrétienne, diffusée notamment par les loges maçonniques et les “libres-penseurs” du XIXe siècle, pour contrecarrer la foi en la résurrection des corps.

En réalité, il est clair qu’un corps brûlé peut ressusciter (c’est manifeste au moins pour les martyrs qui ont été brûlé vifs, comme sainte Irène ou sainte Jeanne d’Arc). Mais il est clair aussi que la crémation peut souvent s’accompagner d’un mépris presque manichéen de notre corps charnel.

Si la crémation n’est pas opposée à la foi en la résurrection des corps, elle ne s’oppose donc plus aux obsèques catholiques. Il reste que l’ensevelissement est bien plus conforme à notre foi: en particulier, parce qu’au cours des obsèques, on peut encenser et bénir le corps et montrer ainsi liturgiquement l’éminente dignité du corps humain (qui n’est pas, pour nous, un “tombeau pour l’âme”, mais qui, avec l’âme, constitue la personne elle-même). En outre, l’ensevelissement permet d’aller prier sur la tombe du défunt, ce qui est à la fois une façon d’honorer son corps destiné à la résurrection finale et de prier pour le salut de son âme.

J’ajoute que, trop souvent, les motivations plus ou moins écologiques qui expliquent le choix de la crémation peuvent être dangereuses du point de vue de la foi: on peut être tenté de voir dans la personne humaine une sorte de cellule du “grand tout”, de “Gaïa, la terre nourricière”, alors que la personne humaine, même si elle appartient pour une part à l’ordre général de la nature créée, est voulue par Dieu pour elle-même.

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