L’Ecriture, le Magistère et toujours le pantalon

Tout d’abord, merci pour la réponse ! En revanche, je crois qu’il y a eu méprise quant au sens de ma question.  Je ne voulais pas faire le procès du féminisme, ni même parler de l’habit en soi, qui, je vous l’accorde, est relatif à la coutume et aux temps. C’est pourquoi, en effet, il n’existe aucun magistère sur le port du pantalon et qu’il est indifférent de porter une toge, selon les circonstances. En revanche, il en existe un sur la différentiation des sexes dans l’habit. Par exemple : “une femme ne sera pas vêtue d’un vêtement d’homme, ni un homme d’un habillement de femme : car celui qui fait ces choses est abominable devant Dieu” (Dt 22, 5). Bref, sans entrer dans plus de détails, vous conviendrez que la saine distinction des sexes par l’habit a toujours été promue par les hommes d’Eglise ! Or, le féminisme a justement promu le pantalon féminin pour abolir cette distinction ! Georges Sand, par exemple, a transgressé intentionnellement cette loi, pour ébranler les valeurs chrétiennes de complémentarité des sexes, en prônant par là non pas leur égalité mais leur identité. Depuis, la mode s’est répandue et, sans le savoir, les femmes catholiques contribuent aux effets de cette revendication. Maintenant, prenons le problème à l’envers. Imaginons que demain, dans le but de promouvoir les théories du genre, quelques hommes portent des robes. Si dans 100 ans, tous les hommes portaient des robes, sans trop savoir d’où ça vient (c’est envisageable, puisque ça c’est passé de cette manière avec le pantalon féminin!), le chrétien averti devrait-il suivre le conseil de la Lettre à Diognète ? D’où ma première question : “lorsque l’on constate une coutume ou un agir originellement mauvais, mais adopté et assimilé par le temps, quelle attitude adopter ?

La question fait suite à notre article “Les femmes, l’Eglise et les pantalons”: https://www.reponses-catholiques.fr/les-femmes-leglise-et-les-pantalons/. Le problème est de répondre à une question qui est judicieuse en soi, mais dont les prémisses sont erronées. « Lorsqu’on constate une coutume ou un agir originellement mauvais », il est évident qu’un chrétien ne doit pas s’y conformer. Par exemple, La Lettre à Diognète, toujours elle, écrit que « les chrétiens n’exposent pas leurs enfants » (contrairement à leurs concitoyens), ce qui est une des principales sources patristiques pour étayer le refus de l’avortement dans le Magistère de l’Eglise. Mais elle nous dit aussi que les chrétiens s’habillent comme tout le monde.

La citation de Dt 22, 5 vise le travestissement. Là où il y a une erreur logique dans la question, c’est de prétendre que porter un pantalon a un sens moral. Le problème n’est pas que George Sand porte des pantalons ou non, le problème est son comportement.

Des Japonais et Japonaises portent des kimonos, des Birmans et Birmanes portent indifféremment des pagnes, des longyi, appelés sarong en Indonésie, tandis que des Vietnamiennes, Chinoises ou Inuit portent des pantalons, et des Ecossais des kilts. Cela n’empêche pas les communautés chrétiennes de ces pays d’être ferventes et d’avoir donné une foule de saints et de martyrs à l’Eglise universelle. Si dans 100 ans, la mode est à la robe pour les hommes, cela prouvera juste… Que la mode est cyclique et que les tuniques de l’Antiquité reviennent. Que des hommes en portent pour promouvoir l’idéologie du genre ne change pas le fait que la question est de savoir ce qui motive tous les autres hommes et quelles sont leurs mœurs. Ce sont des milieux adeptes de ce type d’idéologie qui ont lancé la mode de la barbe de trois jours ces dernières années. Tous les hommes qui portent ce genre de barbes sont donc des militants du gender ? Voilà qui ne fera peut-être pas plaisir à certains de nos lecteurs.

Enfin, sur reponses-catholiques.fr, nous ne prétendons pas être des arbitres de la mode ni des fashion victims. Mais une autre faille de la question est de prétendre que le pantalon est automatiquement un vêtement d’homme. Il faut tout de même voir un peu plus loin. Un pantalon de femme n’est pas un pantalon d’homme, compte-tenu de sa coupe, des ses coloris, de son étoffe.  Lequel de nos lecteurs, laquelle de nos lectrices, ira dans une boutique s’acheter un pantalon au rayon de l’autre sexe ?

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