Le scandale des prêtres concubinaires

fils prodigue

Question: Pourquoi l’Église reste-t-elle sans réagir quand un prêtre a des enfants et que tout le monde le sait?

Le premier principe d’action de tout chrétien, et particulièrement de l’Eglise, doit être la charité. « S’il me manque la charité, cela ne me sert de rien » écrit St Paul en 1 Co 13, 3. D’autres principes importants sont la prudence et le discernement, car des situations différentes appellent des actions différentes. Que veut dire « un prêtre a des enfants et tout le monde le sait » ? A-t-il eu des enfants avant d’être ordonné en étant non marié et ce point a-t-il été discerné au moment de son ordination? A-t-il été ordonné veuf ? Est-il membre d’une Eglise rattachée à l’Eglise catholique où les prêtres peuvent être mariés comme l’Eglise maronite ? Dans ces cas, où serait le problème qu’il ait des enfants ?

Vit-il en concubinage avec une femme dont il a des enfants ? A-t-il eu des enfants au cours de son sacerdoce avec une femme et les a-t-ils abandonnés ? Là, les situations appellent des réponses très différentes : dans le premier cas, il devra être mis en face de ses responsabilités par son évêque et devra décider de rompre la relation et de se consacrer à sa mission en respectant son engagement dans le célibat ou envisager de quitter la prêtrise. Dans le deuxième cas, il devrait un minimum de secours matériel et moral à ses enfants et ne peut purement et simplement les abandonner. Il devra aussi vivre la pénitence pour la faute qu’il a commise.

Ensuite, comment « tout le monde » sait-il que ce prêtre a des enfants ? Par le prêtre lui-même ? Par les enfants en question ou leur mère ? Par des ragots ? Par l’évêque ? Celui-ci est-il au courant ? L’expérience a souvent incité l’Eglise à se méfier des calomnies ou des malentendus. Elle l’incite aussi à traiter ces questions avec prudence et sans précipitation. Un prêtre peut traverser une crise grave, mais il peut aussi en sortir. Ces questions se règlent souvent dans le temps, quand la rumeur publique et les polémiques sont passées à autre chose.

Ce qui n’empêche pas un catholique de refuser le scandale et d’agir. Il le peut par la correction fraternelle en en parlant au prêtre en question s’il a la possibilité de le faire, en en parlant à un autre prêtre ou en avertissant l’évêque. En dernier ressort, c’est le diocèse qui décidera d’une enquête canonique ou d’autres mesures (éloignement, envoi du dossier à Rome, etc.). Bien sûr, il peut arriver que certains prêtres vivent en concubinage sans que l’évêque réagisse. Il arrive bien plus certainement que ce dernier règle la question au bout du temps le plus opportun, en informant seulement les personnes réellement concernées. L’échéance de l’Eglise, c’est l’éternité.

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