Le pape ne devrait pas faire de « politique » !

La question est formulée ainsi : face au « monde », à ses fausses valeurs, à son rejet de la foi, comment le pape peut-il donner l’impression qu’il pactise avec les puissants, avec l’erreur et, parfois même, avec le mensonge ? Son rôle, comme le Christ ne devrait-il pas être de s’opposer jusqu’au sacrifice de la Croix, sans chercher des accommodements ?

La question est compréhensible ; elle n’est pas neuve. Face au « monde », que faire ?

Deux axes de réflexions, à défaut d’une réponse toute faite.

Premièrement, la provocation et l’agitation ne sont pas forcément les façons les plus authentiques d’affronter l’Adversaire. Il y a bien de l’ambigüité spirituelle à se lancer dans la lutte extérieure, avec ostentation. Constatons aussi que la force des doux est généralement plus puissante que l’agitation de certains « va-t-en guerre ». Il est facile de pousser les autres au martyr sans être bien sûr de ses propres capacités. D’autant que le martyr a toujours été considéré dans l’Église comme une grâce et non une décision personnelle.

Deuxièmement, n’oublions pas non plus que le pape tient dans l’Église le rôle du Bon Pasteur, à l’image du Christ. Quels efforts ne doit-il pas déployer pour aller chercher la brebis égarée et la ramener au bercail ! À l’image du Bon Pasteur, son maître, le pape « mange avec les pécheurs » si l’annonce de la Bonne Nouvelle est en cause. Il s’adresse aux « hommes de bonne volonté » pour n’en perdre aucun. Là aussi, l’histoire de l’Église nous montre qu’il y a eut plus de martyrs authentiques chez les hommes de paix et de dialogue que chez les pourfendeurs de moulins à vent.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

Le pape ne devrait pas faire de « politique » !
Notez cet article