Le Nom de Dieu

Lors d’une discussion avec des amis de confessions différentes nous nous sommes posé la question du Nom de DIEU. Selon moi, le nom YAWEH était réservé au grand prêtre et ne devrait pas être utilisé par nous. En gros je pense que nous ne pouvons pas nommer DIEU. Eux par contre sont pour le nommer JEHOVAH ou YAWEH j’aimerais savoir la position de notre Eglise et surtout la comprendre parce que j’avoue que dans mon explication j’ai manqué d’argument.

L’hébreu est une langue s’écrivant sans les voyelles. Le Nom de Dieu dans les Saintes Ecritures hébraïques est rendu par quatre lettres, translittérées en général en alphabet latin par « YHWH ». On appelle ces quatre lettres le Tétragramme.

En Ex 12, 14, Dieu révèle son nom en hébreu en disant « Eyeh asher Eyeh », pouvant se traduire « Je suis qui je suis », possiblement « je suis qui je serai » (l’hébreu autorise à comprendre la conjugaison comme un futur), certains traduisent « je suis celui qui est ». Puis le Seigneur ajoute : « tu diras à mes fils ‘Je Suis’ m’envoie vers vous ». YHWH est une forme archaïque de « il est ». Il parait en effet logique que Moïse dise “Il est” en parlant de Dieu à la troisième personne.

Dans le judaïsme plus tardif, il a été d’usage de ne plus prononcer le Nom de Dieu mais simplement de l’écrire. Seul le grand prêtre entrait une fois l’an dans le Saint des saints du Temple de Jérusalem pour prononcer son Nom. Plusieurs explications à cette coutume sont données par les chercheurs. Selon la plus courante, dans l’Orient ancien, le nom d’une personne est sa substance vitale, son identité profonde. Les Hébreux, puis leurs descendants juifs, étaient aussi imprégnés de ce fait culturel. D’où le « je t’ai appelé par ton nom » de la Bible, ou le fait qu’Adam nomme tous les animaux de la Création. Ou encore les changements de nom qui marquent un changement d’identité profond de la personne : Abram devient Abraham, Saraï, Sarah, Jacob, Israël etc. Dans le Nouveau Testament, Jésus renomme aussi certains apôtres : Simon devient Pierre etc.

On retrouve cette idée dans la liturgie sacramentelle où la personne est appelée par son nom et répond éventuellement « me voici » : baptême, confirmation, mariage, ordination. Du coup, dire le Nom de Dieu, ce serait mettre la main sur son identité même, l’aliéner, toucher à sa transcendance même. Il faut donc ne pas le prononcer, ni l’écrire avec des voyelles, pour ne pas être sacrilège.

Les Juifs emploient donc à l’oral des formules remplaçant « YHWH », quand ils lisent le mot. Ils disent souvent « Adonaï », « Le Seigneur ». Ils utilisent aussi souvent « Hashem » (« le Nom », par ellipse « de Dieu »), Elohim (« Dieu »).

Comme il ne contient pas de voyelles, le texte de la Bible hébraïque dit « massorétique », le plus standard, a été vocalisé au Xe siècle par des savants juifs, les massorètes, quand l’hébreu devenait de plus en plus une langue morte. Cela évitait de faire des contresens et de dire n’importe quoi lors de la lecture à haute voix à la synagogue. Un mot peut en effet vouloir dire des choses différentes selon sa vocalisation. « YHWH » peut se dire « Yahweh » ou « Yehowah », ou encore autrement. De fait, pour « YHWH », les massorètes ont réglé la question en plaçant des signes phonétiques longs et courts rendant le mot… Imprononçable !

Par respect pour nos frères juifs dans le cadre du dialogue judéo-chrétien, Benoît XVI a demandé à tous les catholiques d’adopter le même usage. Quand il est écrit « YHWH » ou « Yahweh » dans une Bible catholique, un catholique doit dire à haute voix « le Seigneur ». C’est particulièrement important à la lecture à la messe.

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