Le Christ peut-il s’incarner en animal pour le salut des animaux?

D’avance je m’excuse pour ma question qui peut vous paraître très peu respectueuse, très provocatrice. En aucun cas néanmoins je ne cherche à offenser quiconque, je ne suis mû que par l’intérêt, l’amour et la volonté de comprendre Dieu. Ma question est la suivante: Dieu qui aime les hommes s’est incarné en Jésus pour nous sauver. Dieu qui aime toute la création peut-il s’être incarné en un animal, le plus insignifiant soit-il, pour les sauver de même ? Si non pourquoi ? Les animaux n’auraient-ils pas besoin d’être sauvés car ne commettant pas de péchés ?

Il y a trois points à retenir dans notre réponse. Tout d’abord, c’est l’être humain qui est créé à l’image de Dieu (Gn 1, 26) et aucun autre être. Donc l’incarnation du Christ est l’incarnation de Dieu dans son image. Elle n’est pas faite au hasard.

Deuxièmement, effectivement, c’est l’homme qui a péché, pas les animaux. Ils n’ont pas besoin de « salut » au sens spirituel du terme puisqu’ils n’ont aucun risque de damnation.

Enfin, l’Incarnation du Christ, sa mort et sa résurrection sont aussi une forme de sauvegarde pour toute la Création, donc y compris pour les animaux. C’est dit clairement dans l’Epître de St Paul aux Romains : « En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. » (Rm 8, 20-23). De même, l’Apocalypse parle de « cieux nouveaux et une nouvelle terre » (Ap 21, 1), ce qui suppose tous les êtres qui y sont. Donc le salut par le Christ bénéficie à tout le cosmos, même si ce n’est pas dans les mêmes modalités spirituelles que pour l’homme.

Cela ne sort pas de nulle part. L’épisode de l’Arche de Noé montre comment Dieu donne la responsabilité à l’homme, d’organiser la sauvergarde de tous les êtres vivants, sans se limiter à se sauver lui-même du péché généralisé qui régnait sur la terre. C’est une préfiguration du salut donné par le Christ.