L’au-delà est-il anthropocentrique?

Dans une réponse précédente sur les enfers, vous évoquez le “sheol”, situation hypothétique venue du judaïsme, où les morts attendraient le jugement. N’est-ce pas une vue anthropocentrique du monde spirituel ? Nous vivons dans le temps et l’espace, Dieu non. Ne voit-il pas l’humanité dans son ensemble, celle de maintenant, celle d’hier, celle de demain ? En fait, la vie auprès de Dieu n’échappe-t-elle pas à nos intelligences ?

Si l’on suit ce point de vue, alors on ne peut rien dire d’intelligent sur Dieu et la foi. Il ne sert alors à rien de faire de la théologie, ni même de la philosophie. Il ne sert d’ailleurs à rien de dire quoi que ce soit.

Or, le Christ est venu, Il a prêché, Il a recruté des disciples et leur a confié la mission de prêcher à leur tour. Il s’est bien adressé à l’intelligence de ses interlocuteurs.

Et, s’agissant de l’après-mort, Il a dit des choses très explicites. Limitées mais explicites. Le grand texte du Jugement Dernier en Mt 25, qu’on lit lors de la fête du Christ-Roi en est un exemple. Il vient bien dans le futur (verset 31) juger « toutes les nations » (verset 32). Oui, Il voit « l’humanité dans son ensemble, celle de maintenant, celle d’hier, celle de demain » mais le Jugement Dernier, c’est « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire » (Mt 25, 31). En tous cas, c’est ce qu’enseigne l’Eglise.

Nous ne comprenons pas trop ce que ne serait pas « une vue anthropocentrique du monde spirituel ». Nous sommes des êtres humains, donc nous ne pouvons qu’avoir des vues d’hommes. Comme disent les Jésuites, on parle toujours de quelque part et les discours « vus d’avion », qui prétendent surplomber nos limites humaines, conduisent toujours à de grandes erreurs conceptuelles. C’est le propre de toute idéologie que d’être hors sol.

Mais, au contraire, le Christ s’est fait homme et Il est venu pour le salut des hommes.