L’Apocalypse

Bonjour, et merci pour votre site très instructif. Comment doit-on interpréter le texte de l’apocalypse, à la lumière de notre époque ? Je pense particulièrement à la marque de la bête, qui empêche d’acheter ou vendre, et qui serait aujourd’hui techniquement possible sous la forme d’une puce ou autre. Faut-il le prendre au sens littéral ? Et dans ce cas, il est écrit que “tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front”, cela signifie-t-il qu’on ne pourra pas y échapper ? Et alors,au chapitre 20, il est écrit ” ceux qui n’avaient point adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu sa marque sur leur front et sur leur main. Ils eurent la vie, et régnèrent avec le Christ pendant [les] mille ans.” Cela veut-il dire que ceux qui seront marqués (pour la plupart sans savoir ce que cela peut impliquer) seront forcément damnés ? Par ailleurs, auriez-vous une source à me proposer (livre, site) concernant l”interprétation de l’apocalypse de St Jean conforme à la foi catholique ?


Une grande partie de notre réponse est déjà dans cet article :https://www.reponses-catholiques.fr/lapocalypse/. Ce texte est difficile et ne doit certainement pas être pris au sens littéral. Il est profondément imprégné du symbolisme de plusieurs livres de l’Ancien Testament, tels que les Livres d’Ezéchiel ou Daniel.

Comme nous l’avons expliqué dans notre article en référence, l’Apocalypse signifie « dévoilement », « révélation » et a été écrit dans un contexte de persécutions. Mais, comme nous l’avons dit, sa clef de lecture est qu’il nous parle de la victoire finale du Christ et en même temps, il se réactualise à chaque époque. Il aide donc à décrypter notre époque et certaines évolutions sociétales – le traçage et la servitude acceptée qui en découlent – certaines persécutions, certains événements peuvent être lus à sa lumière. Il aide à donner de la cohérence dans les soubresauts apparemment absurdes du monde dans lequel nous vivons, et à ne pas renier sa foi. Car des fidèles qui « suivent les commandements de Dieu et témoignent de Jésus », dans le livre, il y en a bien, fidèles jusqu’au bout. En un mot, l’Apocalypse, c’est tous les jours, que ce soit lors de la persécution de Néron ou Domitien, aujourd’hui et à la fin de l’Histoire.

Nous basons notre analyse sur celle du spécialiste de St Jean, le jésuite Yves Simoens. Son ouvrage Apocalypse de Jean, apocalypse de Jésus-Christ, Ed. des Facultés jésuites de Paris, 2008. Il nous explique que le plus important, dans le Livre de l’Apocalypse, c’est que le Christ est déjà vainqueur. Le mal se déchaine dans une sorte de « baroud d’honneur », mais il sait déjà qu’il a perdu. Il peut séduire certains mais il court à sa perte – ainsi que ses suppôts mais le texte ne dit jamais clairement que des hommes en font partie à ce stade final.

C’est donc un livre de consolation, pour tenir ferme dans l’épreuve et discerner un sens dans le déchainement du mal.