La théologie sacramentaire du Concile de Trente est-elle dépassée?

A partir de septembre, notre secteur paroissial de 40 clochers et 10 000 habitants (le double en été) n’aura plus de curé. Un prêtre viendra certains dimanches. La théologie sacramentelle héritée du Concile de Trente est basée sur la possibilité pour les chrétiens d’avoir accès aux sacrements. N’est-on pas obligé, aujourd’hui, de dire : théoriquement ?

Nous dirions plutôt « en principe », plutôt que « théoriquement ». Car ce n’est pas une abstraction, c’est un idéal concret, mais qui bute sur des obstacles bien réels. Nous comprenons que la situation soit vécue douloureusement par les paroissiens.

Mais le Concile de Trente devait faire face aux mêmes difficultés qu’aujourd’hui, même si ce n’était pas toujours aux mêmes endroits. Une poignée de prêtres et religieuses ont évangélisé les territoires immenses du continent américain, dès ce siècle-là. Il est évident qu’Indiens, explorateurs et conquistadores n’avaient pas toujours accès aux sacrements. C’est toujours vrai, ce qui était un des enjeux majeurs du synode pour l’Amazonie et de l’encyclique Querida Amazonia.

De même, au siècle suivant, des églises orientales commencent à se rattacher à Rome, ce qui rend leurs membres très minoritaires, entre les églises orthodoxes dont elles se séparent, et un océan musulman. Elles n’ont pas toujours le clergé qui va avec. Nous avons répondu sur ce site à plusieurs questions de catholiques orientaux désemparés car ils ont été baptisés dans une église, confirmés dans une autre et se retrouvent en France sans avoir l’Eglise correspondante accessible.

Enfin, le temps du Concile de Trente, c’est le coup d’envoi de la Réforme catholique, face au Protestantisme. Dans les territoires devenus protestants, les catholiques se retrouvent très isolés et leurs prêtres apostats, traqués ou en fuite. La déchristianisation et la repaganisation de la France, et plus largement de l’Occident (sauf quelques pays) peut ressembler à ce qui se vivait au XVIe siècle : manque de prêtres, persécutions, apostasie.

Et pourtant, la foi catholique s’y est quand même transmise, maintenue, même dans de petites communautés, dans ces régions-là. Et pourtant, des saints ont pu y apparaître, et même des Papes en venir, s’agissant de Benoît XVI et François.

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