La nouvelle traduction du Pater

Question: Que faut-il penser de la nouvelle traduction du Pater? Est-il correct de tutoyer Dieu?

 

La question du tutoiement est assez délicate. Personnellement, je préfère vouvoyer Dieu quand je m’adresse à Lui, mais je crois que c’est une question très culturelle – et très directement lié à ce que nous pratiquons dans nos familles. Si un enfant a appris à tutoyer tous les adultes qui l’entourent, il est peu probable qu’il soit porté à vouvoyer Dieu. Inversement, un enfant qui vouvoie ses parents trouvera étrange de tutoyer Dieu.

Il me semble, en tout cas, nécessaire de tenir simultanément deux aspects en apparence contradictoire: nous sommes invités à une relation de grande proximité avec Dieu; et Dieu n’est pas notre “copain”, mais notre Créateur! Quelle que soit la façon que nous utilisons pour nous nous adresser à Lui, il faut se souvenir de ces deux dimensions.

Je note aussi qu’il est singulier de continuer à vouvoyer la Vierge Marie dans le “Je vous salue Marie”, en tutoyant Dieu, qui est infiniment plus grand qu’elle, dans le “Notre Père”.

La nouvelle traduction du Pater présente aussi d’autres inconvénients pour les amateurs de langue française: “Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour” est une façon particulièrement lourde de s’exprimer. En bon français, on dirait – comme en latin – “notre pain quotidien”.

Mais le point le plus grave, que ne mentionne pas mon interlocuteur, mais auquel il pensait sans doute, tient à la sixième demande du Pater:

“Ne nos inducas in tentationem”

Demande que l’on traduisait jadis en “Ne nous laissez pas succomber à la tentation” et que l’on traduit aujourd’hui en “Ne nous soumets pas à la tentation”.

Or, la foi la plus élémentaire nous apprend que Dieu ne nous tente pas. Comme dit saint Jacques:

Que nul, s’il est éprouvé, ne dise: “C’est Dieu qui m’éprouve.” Dieu, en effet, n’éprouve pas le mal; Il n’éprouve non plus personne.

On pouvait certes contester la qualité de l’ancienne traduction: plutôt que de laisser succomber à la tentation, il est question de conduire au milieu des tentations. Mais cette ancienne traduction, du moins, n’insultait pas la majesté et la bonté divines.

Il faut prier pour que nos évêques nous donnent au plus vite une nouvelle traduction du Pater plus conforme à la foi catholique.

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