La foi catholique et la politique vues philosophiquement

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En cette période électorale, n’est-ce pas naïf de croire que la religion catholique a quoi que ce soit à voir avec la politique ? Est-ce que ce ne sont pas deux domaines complètement différents ?

Il y a plusieurs manières de répondre à cette question et nous choisirons l’angle philosophique. La philosophe Hannah Arendt (juive et athée) a expliqué dans Condition de l’homme moderne, la dignité de l’action humaine, et particulièrement de l’action politique. Pour faire très court, elle montre comment toute action, donc aussi la politique au sens noble du terme, nécessite les notions centrales que sont la promesse et le pardon.

La promesse est ce qui permet d’agir sans connaître le futur, par définition inconnu. Si personne ne s’engage à quoi que ce soit – ce qui est le principe de la promesse – personne ne peut agir et on reste dans le présent et le « court-termisme » absolu. Certes, on reproche beaucoup aux hommes politiques de faire des promesses électorales qu’ils ne tiennent pas ensuite. Mais justement, ce reproche montre qu’en affaiblissant la foi dans les promesses, on affaiblit l’action politique en général.

Le pardon permet de délier le passé. Personne ne peut le changer et faire que le mal vécu soit annulé. Seul le pardon permet de ne pas se laisser enfermer par ce mal et aller de l’avant. Et l’action politique requiert de faire parfois la paix avec ses adversaires, de « pardonner », pour pouvoir rebâtir une politique.

Quel rapport avec la foi catholique ? Hannah Arendt, qui, encore une fois n’est ni catholique ni même croyante, affirme que celui qui a le mieux compris, appliqué et transmis ces promesses et ce pardon, c’est Jésus de Nazareth. En ce sens, ceux qui ont reçu son Evangile ont donc le meilleur des outils en main pour une vraie action politique au service du bien commun. Il suffit de L’imiter.

D’ailleurs, Hannah Arendt évoque dans de très belles pages La Promesse majeure faite à l’humanité, celle de la vie : « un enfant nous est né », écrit-elle à propos de la Nativité, symbole pour elle des promesses de chaque naissance. Les décideurs politiques qui statuent sur la présence de crèches ou non dans les mairies pourraient lire cet auteur avec profit.

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