La foi catholique est-elle fondée sur l’Ecriture?

De nombreux chrétiens lisent la Bible et en particulier le Nouveau Testament et se rendent compte que bien des traditions et même des enseignements de L’Eglise n’ont pas de fondement scripturaire. On se doute aisément que la “cappa magna” de certains cardinaux est une mondanité héritée de la Renaissance et non une inspiration de l’Esprit. Mais qu’en est-il de certains sacrements ou de la hiérarchie ecclésiale ?

On peut toujours trouver des dévotions privées qui n’ont pas de fondement scripturaire, et encore ! Mais on ne peut pas dire cela de l’Enseignement de l’Eglise. Il en a toujours un, même si c’est indirect. Cf. notre article : Tradition et Ecriture — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr)

La Lettre à Diognète, datant de la fin du Ier siècle ou du début de IIe, explique que les chrétiens n’ont pas d’habit particulier et qu’ils sont habillés comme leurs concitoyens. L’Ecriture nous dit de ne pas faire scandale (Lc 17, 1) et, s’agissant plus spécifiquement de l’habillement, St Paul encourage à respecter les usages conformes aux bonnes mœurs de son temps. D’où ses recommandations en 1 Co 11 : une femme sans manteau (et non voile, cf notre article : Couverture des femmes à la messe — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr)) n’est pas habillée selon les bonnes mœurs de Corinthe au Ier siècle. Par conséquent, si les souverains de la Renaissance portaient de grandes capes, porter une cappa magna, c’était la façon de suivre St Paul pour les Papes… Et ce ne l’est plus aujourd’hui, puisque cela fait longtemps que les Papes ne la portent plus et qu’’elle a été supprimée pour les cardinaux.

Venons-en aux sacrements. Ils sont évidemment tous fondés sur l’Ecriture :

1° le moins contesté est celui du Mariage. En général, c’est sur le divorce que portent les objections, pas sur le fait que le mariage a sa source dans l’Ecriture. La Torah fourmille de règles sur le mariage mais le verset principal, repris par le Christ, est en Genèse 2, 24 : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. »

2° Baptême : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, » (Mt 28, 19)

3° Première communion : les paroles mêmes de la consécration, « Prenez et mangez en tous »

4° Confirmation : la Pentecôte (Ac 2, 1-3) mais aussi Ac 1, 5 et 8 ; Jn 20, 22

5° Réconciliation : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn 20, 23)

6° Sacrement des Malades : « Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient. » (Mc 6, 13)

7° Ordre, ce qui permet de répondre aussi sur la hiérarchie ecclésiale : les épiscopes et les Anciens (presbuteros en grec, ce qui a donné “prêtre”), reçoivent l’imposition des mains, qui est bien là dans le Sacrement de l’Ordre. Cf. Ac 6, 6 pour les diacres, 1 Tm 4, 14 et 2 Tm 6 pour l’évêque Timothée ; Ac 13, 3 pour l’ordination épiscopale de Paul et Barnabé ; 1 Tm 5, 22 pour les prêtres (puisqu’ils sont ordonnés par l’évêque, ici Timothée).

Bref, si l’on entend par « hiérarchie ecclésiale » les ordres de l’épiscopat, du sacerdoce et du diaconat, bien sûr qu’ils sont fondés dans l’Ecriture. Quant au Pape, il est successeur de Pierre, dont la primauté est fondée, entre autres, sur Mt 16, 17-18.

Commentaires

  1. Réponses catholiques Auteur

    Nous ne répondons jamais aux commentaires qui ne sont pas des questions mais souhaitons alerter nos lecteurs que https://www.reponses-catholiques.fr n’est complice, ni de près ni de loin, de toute forme d’antisémitisme. La plupart des études supérieures de théologie incluent l’apprentissage de l’hébreu, et donc l’usage de termes hébraïques en exégèse. Nous ne publierons pas de commentaires antisémites.

  2. Henri

    L’Église ne reconnaît pas le texte massorétique, postérieur en plus à l’œuvre de saint Jérôme (qui avait appris l’hèbreu et compara la tradition “anté-massorétique” aujourd’hui disparue au texte de la Septante, qui est en grec ; la Vulgate de saint Jérôme, en latin, est la version officielle de l’Église).

    Si quelqu’un voit de l’antisémitisme dans ce que nul, je crois, ne conteste, alors c’est grave – mais pour lui.

    Merci quand même. Et je m’offre à prouver à qui en douterait que les textes reconnus par l’Église depuis l’Antiquité sont en grec et en latin.

  3. Henri

    La Vulgate
    https://www.universalis.fr/encyclopedie/vulgate-de-saint-jerome/
    « Ensuite, dans les années 390, il [Saint Jérôme] entreprend une traduction nouvelle de l’Ancien Testament à partir du texte hébreu, le seul inspiré à ses yeux. Il n’arriva pas au bout de cette traduction qui fut continuée par d’autres. Ce retour à « la vérité hébraïque », au détriment de la Septante, ne s’imposa pleinement qu’au VIIe siècle. Désignée à partir du XIIIe siècle comme vulgata versio, « texte communément employé », la Vulgate fut déclarée traduction authentique par le concile de Trente en 1546. »
    Ce fut donc une traduction rédigée à partir des environs de l’an 400 que reconnut l’Église.

    Le texte massorétique fut fixé plus tard :
    https://www.universalis.fr/encyclopedie/massore-et-texte-massoretique/
    « Le mot hébreu masorah, francisé en « Massore », a ses racines dans l’Ancien Testament (Nomb., XXXI, 16) avec le verbe mâsar (« transmettre » ou « enseigner »). Le sens technique de « tradition » (des Écritures) qu’il prendra chez les juifs ne paraît pas antérieur à la Mishna. La massore est en effet, d’une part, l’activité spécifique des personnalités compétentes — les Ba‘alê ha-Masoret, « maîtres de la massore » — qui, du VIIe au Xe siècle de notre ère, assurèrent, en Palestine et en Babylonie, la fixation définitive des écrits sacrés en langue hébraïque ou araméenne, d’autre part, les indices graphiques résultant de cette stabilisation, devenue péremptoire, des Écritures. Le texte ainsi défini et transmis fut appelé et s’appelle encore « Texte massorétique ». »

    L’usage d’un mot étranger dans une analyse d’experts se justifie ; la vulgarisation se fait en langue populaire.

  4. Henri

    A-t-on le droit de rappeler le vocabulaire catholique sans être la proie des plus vils sous-entendus ? Même wikipedia est assez honnête pour rappeler le vocabulaire chrétien ! chrétien !

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentateuque
    « Le Pentateuque est chez les chrétiens l’ensemble des cinq premiers livres de la Bible. Pour les juifs, ces cinq livres constituent la Torah. »

    Alors ! Qu’est-ce que c’est que ces obsessions malpropres !

Pingbacks

  1. Les sept sacrements sont-ils bibliques? - Réponses catholiques

Répondre