La femme est-elle inférieure à l’homme?

Question: Je suis tombée sur ce texte de 1 Timothée II,11-15, je sais que vous avez déjà abordé le thème de l’homme et de la femme (publication du 28 août), mais j’ai dû mal à comprendre l’interprétation que l’on doit faire de ce texte:

Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite; et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté.

 

Il est vrai que cette citation est dure à entendre, aujourd’hui. Ne serait-ce que parce que, grâce au christianisme, nous avons bien pris conscience de l’égale dignité de la femme.

Il faut donc d’abord faire la part de ce qui relève du contexte. On sait que dans l’Antiquité, tant grecque qu’hébraïque, la femme n’était guère considérée. L’attitude du Christ à l’égard des femmes surprit d’ailleurs ses contemporains. Notre-Seigneur revenait, en effet, “au commencement”, au plan divin de la Création, comme Il eut l’occasion de l’expliquer à propos du mariage (Mt XIX).

Au commencement, Dieu a créé l’homme, homme et femme. Les deux partageaient la même humanité. De la même façon, saint Pierre rappellera que la femme est, avec l’homme, “co-héritière de la grâce” (1P III,7). L’autorité de l’homme sur son épouse – qui découle bien, me semble-t-il, du récit de la Genèse – n’a évidemment pas le même sens avant qu’après le péché originel: l’autorité, avant le péché, est profondément un service.

Bref, je ne crois pas que l’on puisse tirer du récit biblique une quelconque idée d’infériorité de la femme qui serait universelle et intemporelle.

La difficulté, c’est que, lorsque nous parlons d’autorité, nous songeons à un rapport de force analogue à celui qui existe dans le monde politique. En réalité, l’autorité de l’homme dans le mariage doit être calquée sur l’autorité du Christ et cela signifie donc se livrer pour son épouse et non en faire une sorte d’esclave.

Le raisonnement de saint Paul pour justifier le silence de la femme est, lui aussi, marqué par le contexte: il est clair, en particulier, que l’on ne peut accorder une autorité universelle à l’idée selon laquelle c’est la femme qui a été séduite. On sait bien, en effet, que l’homme et la femme sont co-responsables du péché originel.

Par ailleurs, la maternité dont il est question doit être soit la maternité physique, soit la maternité spirituelle (puisque saint Paul fait, par ailleurs, l’éloge de la virginité). En d’autres termes, il ne faut pas lire ce texte “au pied de la lettre”, mais essayer d’en extraire la signification universelle.

De ce point de vue, je crois que l’on peut retenir essentiellement ces points:

1) L’autorité d’enseignement dans l’Eglise est réservée aux hommes (cette autorité étant liée au sacrement de l’ordre).

2) Toute âme doit être, dans l’Eglise, dans une attitude “de femme” (y compris l’âme des fidèles masculins!): c’est-à-dire qu’elle doit écouter et recevoir l’enseignement donné par l’évêque de la part du Christ.

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