Ketchup, frites et combat spirituel

J’aime les frites mais pas avec le ketchup. Est-ce que je mets du ketchup?

Cette question aura le mérite de montrer à nos lecteurs que nous recevons des questions très variées. En outre, elle présente l’avantage de nous donne l’occasion d’une petite catéchèse sur le discernement spirituel.

Nous faisons l’hypothèse que la question est importante pour le lecteur et l’objet d’un véritable combat intérieur. Face à ce grave problème, nous suggérons à l’auteur de mener hardiment le combat spirituel qui s’impose. Pour cela, prenons une méthode éprouvée par St Ignace de Loyola.

– Pour commencer, que le lecteur prenne un temps d’oraison de 20 min minimum chaque jour de la semaine qui vient. Qu’il médite demain le texte de Mt 25, 31-46, que nous citons :

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.

32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :

33 il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;

36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”

37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?

38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?

39 tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”

40 Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.

42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;

43 j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”

44 Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”

45 Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Qu’il choisisse donc le premier jour l’option de mettre du ketchup. Qu’il médite le texte dans cette disposition-là et qu’il note sur un cahier à la fin de l’oraison les mouvements intérieurs qui se sont produits : consolation, paix, joie, croissance de la foi, de l’espérance et de la charité. Ou au contraire, désolation, trouble, tristesse, amertume, dégoût spirituel…
– Qu’il médite le même texte le lendemain pendant au moins 20 min en prenant l’option inverse : ne pas mettre de ketchup. Qu’il note de la même façon l’effet produit
– Le troisième jour, qu’il médite à nouveau le texte pendant au moins 20 min en posant au pied du Seigneur son entier consentement : mettre du ketchup ou ne pas en mettre pour la plus grande Gloire de Dieu. Qu’il recueille ce qui se produit comme mouvement intérieur sur telle ou telle option et prenne ainsi une décision pour l’option vers laquelle son mouvement intérieur l’oriente
– Si, d’ici vendredi, cette répétition de prière ne porte pas ses fruits et ne lui permet pas de prendre une décision, nous suggérons alors un exercice spirituel plus radical : que l’auteur de la question jeûne vendredi. Nous sommes convaincus que cela l’éclairera sur la portée de mettre ou non du ketchup dans ses frites, ou de manger finalement du boulgour ou du riz.

En tout état de cause, l’Avent est un temps privilégié pour se préparer à la venue du Sauveur dans le monde. Jeûner d’ici Noël, par exemple une fois par semaine, sera d’un grand profit spirituel et aidera certainement à faire des choix qui ont une réelle importance. Comme la dernière semaine de l’Avent se réduit cette année au dimanche 24 décembre, le lecteur pourra jeûner deux jours la troisième semaine. Dans la tradition chrétienne depuis au moins la fin du Ier siècle, on jeûne normalement le mercredi et/ou le vendredi.

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