Jean Paul II et la pédophilie

Que penser d’un pape qui a largement protégé les curés, évêques et cardinaux pédophiles…

Cette question, si tant est que cela en soit une, réagit à notre article https://www.reponses-catholiques.fr/que-penser-de-jean-paul-ii-embrassant-un-coran/ et vise donc le Pape St Jean-Paul II. Notons qu’elle n’a aucun rapport avec la question initiale portant sur les relations avec l’Islam.

Il est exact que ce Pape a refusé de croire les accusations de pédophilie à l’encontre de certains prélats, le plus connu étant le fondateur des Légionnaires du Christ, Marcial Maciel. Jean-Paul II avait subi pendant des décennies la propagande communiste en Pologne, bien prompte à inventer des accusations de pédophilies ou autres turpitudes pour nuire aux prêtres qui galvanisaient la résistance contre le régime. Il avait, par conséquent, tendance à ne pas croire a priori ce genre d’accusations.

Cela n’excuse en rien son aveuglement devant certains cas bien documentés mais cela interroge sur la question même qui nous est posée. Les plaintes contre Marcial Maciel, pour en revenir à ce cas emblématique, ont commencé dès les années 40 et des enquêtes canoniques ont été diligentées dès cette époque, sans suite car les plaignants se sont rétractés. Il a donc fallu des décennies pour que des victimes maintiennent leur version et que le dossier d’accusation soit suffisamment solide. A ce moment-là, pourquoi cette question à propos de St Jean-Paul II et pas ses prédécesseurs dès cette époque ? Pie XII, St Jean XXIII, St Paul VI, et même, tant qu’on y est, Jean-Paul Ier ?

Deuxième point, on sait le courage et la fermeté avec lesquels Benoît XVI a pris à bras le corps le fléau de la pédophilie parmi les ministres consacrés. C’est lui qui a permis, justement, que le dossier contre Marcial Maciel aboutisse enfin, avec la mise en place ensuite de la réforme de fond des Légionnaires du Christ que l’on sait. Or, Benoît XVI a été le plus proche collaborateur de St Jean-Paul II pendant des décennies. Comment ne pas croire qu’ils étaient en phase sur le fond du problème, même si le pape polonais ne voulait pas admettre la culpabilité de tel ou tel ? Il en résulte que dire qu’il aurait sciemment « protégé » des consacrés pédophiles est grotesque.

Ensuite, lorsque l’on porte des accusations, il faut être précis. De qui s’agit-il ? Quel cardinal, quel évêque sont concernés ? Nous n’avons pas à répondre sur des généralités et avons, nous, pris un cas précis.

Enfin, la méfiance de Jean-Paul II vis-à-vis d’accusations portées contre des ministres ordonnés était parfois justifiée. On l’a vu récemment, avec des prêtres, cardinaux ou évêques acquittés après avoir été condamnés, parfois avoir fait de la prison, alors qu’ils étaient innocents et que le dossier d’accusation était finalement vide. L’un d’eux était même présent au chemin de Croix place St Pierre pendant le Vendredi Saint du confinement.