Je suis surpris d’entendre utiliser l’expression « Terre Sainte »

L’expression est tellement familière qu’on l’oublie. Quel paradoxe : cette terre est peut-être celle qui a vu couler le plus de sang pour sa possession ! Dans l’histoire biblique, la terre avait été promise à Israël pour pouvoir adorer le vrai Dieu. Il n’était pas question d’en faire un pays ou une nation au sens antique ou moderne. La possession ne se comprenait que si Dieu régnait sur la vie et le cœur de son peuple. Les prophètes n’auront de cesse de répéter au peuple juif qu’il s’abaissait et se reniait s’il était infidèle à cette vocation exceptionnelle. La répétition du discours montre à quel point la réalité était loin de l’idéal. C’est aussi dans ce sens, que furent interprétés les événements qui conduisirent le peuple élu hors de cette terre. Dans la mesure où la relation à Dieu s’affaiblit, le lien à la terre disparaît.

Dans le Christ, d’un côté le lien à la terre d’Israël se rompt, tandis que, de l’autre, la présence du Seigneur sur cet espace lui donne un caractère de témoignage exceptionnel. Cette terre est sainte parce que Notre Seigneur l’a parcouru, mais plus fondamentalement parce que c’est de ce lieu qu’est parti l’appel à la sainteté. On pourrait se dire que, d’une certaine façon, en relation avec cette « Terre sainte », c’est toute la terre qui est devenue sainte.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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