Interdire l’entrée à une messe de funérailles?

Lors d’une messe de funérailles, le frère du défunt s’est vu interdire l’entrée de l’église par les fils du défunt. Le desservant a refusé d’intervenir. A-t-il eu raison ?

Difficile de répondre avec si peu d’éléments de contexte. Qu’entend l’auteur de la question par « le desservant ? » : le prêtre célébrant ? On a des conflits entre plusieurs principes :

  • Les messes sont publiques (sauf rares exceptions, par exemple en cas de risque de persécution). Donc le frère du défunt devrait pouvoir y participer
  • Le curé est responsable dans son église. Il peut donc interdire l’entrée à quelqu’un, par exemple, une personne qui viendrait troubler une cérémonie
  • Mais si l’eucharistie est commencée, le célébrant ne doit normalement pas s’interrompre. Ce n’est donc pas à lui de gérer des perturbateurs s’il est en train de célébrer
  • A cela s’ajoutent maintenant les questions de sécurité avec les attentats. Nous avons été témoins de perturbations lors de messes, cela devient malheureusement courant (souvent de personnes de la rue instables psychologiquement ou en état d’ébriété). A notre connaissance, nous n’avons jamais vu le célébrant s’interrompre tant que le perturbateur ne montait pas à l’autel. Evidemment, le Père Hamel s’est interrompu pour annoncer son « arrière Satan » quand son agresseur est monté à l’autel pour l’égorger
  • De plus en plus, nous l’avons encore vu dimanche dernier, ce sont des bénévoles de la paroisse qui assurent une sorte de service d’ordre pour évacuer calmement des perturbateurs.

Donc, si la messe avait commencé, ce n’était plus vraiment possible pour le célébrant d’intervenir. Il était aussi délicat d’intervenir dans un conflit familial. Par ailleurs, pour quelle raison les fils du défunt ont interdit l’accès à son frère ? Etait-il dans une attitude indécente, ivre, par exemple ? Provocatrice ? Criait-il « Allah ou Akbar » ou des insanités?

Si non, le prêtre aurait pu rappeler en chaire que la messe est ouverte à tous. Si un sacristain ou un bénévole de la paroisse était présent, il aurait pu le faire aussi ou inviter les protagonistes du conflit à s’expliquer après la messe. En dernier ressort, si la dispute avait lieu en dehors de l’église, la police aurait pu être appelée (en particulier par le frère qui n’a pas pu entrer) pour mettre fin à une obstruction à la liberté du culte. Mais est-ce vraiment une bonne solution pour la famille en deuil ?