Gog et Magog

Qu’est-ce que Gog et Magog ? Quelle place tiennent-ils dans l’eschatologie catholique ?

Gog et Magog sont un nom de personne et un nom de lieu dans le Livre d’Ezéchiel : « La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Fils de l’homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog » (Ez 38,1-2) ; « Voici, j’en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshek et de Tubal ! Je t’entraînerai, et je mettrai une boucle à tes mâchoires » (38, 3) ; « J’enverrai le feu dans Magog » (39, 6) ; « Je donnerai à Gog un lieu qui lui servira de sépulcre en Israël » (39,11). L’Apocalypse de St Jean les mentionne aussi : « Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre » (Ap 20,7).

Des archéologues et biblistes, comme Finkelstein, voient en « Magog » la déformation de « Megiddo », une forteresse en Israël datant au moins du premier millénaire av. J.-C. Le roi Josias, modèle du roi pieux, y aurait subi une cinglante défaite et y serait même mort au VIIe siècle av. J.-C. Ce serait donc devenu le symbole des forces mauvaises coalisées pour vaincre les fidèles de Dieu.

Le verset de l’Apocalypse renforce ce type d’interprétation. La différence entre l’Apocalypse et le Livre d’Ezéchiel, qui ont pourtant de nombreux thèmes en commun, c’est qu’Ezéchiel est contemporain de l’Exil à Babylone et que sa méditation est sur une espérance pour le Peuple juif à venir mais non encore advenue. Chez l’auteur de l’Apocalypse, le déchainement de violence va crescendo mais le mal est déjà vaincu par la mort et la résurrection du Christ. Une sorte de baroud final du mal, en quelque sorte. Car le Christ est le Cavalier au cheval blanc, qui « sortit vainqueur, pour vaincre à nouveau » (Ap 6, 2).

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