Formes de vies consacrées religieuses et diocésaines

Vous avez expliqué la différence entre religieux et séculiers sur la vie en communauté et la gestion des biens. Pouvez-vous développer les spécificités des uns et des autres ?

On distingue traditionnellement les consacrés réguliers (qui suivent une règle de vie ou des constitutions, on dit aujourd’hui « religieux ») et séculiers, « dans le siècle », rattachés à une paroisse ou un diocèse (on dit donc actuellement « diocésains »). Les modes de vie consacrée sont nés au fur et à mesure des siècles et s’ajoutent les uns aux autres.

– Dans les tous premiers temps de l’Eglise, il n’y avait que des vocations diocésaines, dont on ne sait d’ailleurs pas dans quelle mesure elles ressemblaient ou non à ce que nous mettons sous les mêmes termes aujourd’hui. Dès les temps apostoliques, il y a des épiscopes (surveillants), presbytres (anciens) et diacres. Pour les femmes, il existe des vierges consacrées et des veuves consacrées.

– Le monachisme apparait plus tard dans l’Antiquité : d’abord les ermites, puis les communautés de moines. On appelle contemplatives ces vocations dans des couvents ou monastères

– Les ordres apostoliques, donc ayant une vocation amenant les religieux à sortir de leur maison, naissent au Moyen Age pour les hommes, au XVIIe siècle (avec les Filles de la charité qui ne prononcent pas de vœux définitifs) mais surtout XIXe siècle pour les femmes.

De cette histoire très simplifiée, on peut distinguer les points suivants :

– De l’évêque de leur diocèse, lors d’une cérémonie publique, les prêtres et diacres reçoivent le sacrement de l’Ordre, les vierges et les veuves la consécration dans leur ordre, qui est un sacramental. Les religieux et religieuses prononcent des vœux publics de pauvreté, chasteté et obéissance selon une règle de vie ou des constitutions, vœux qui sont reçus par leur supérieur

– Les religieux et religieuses vivent normalement en communauté, les diocésains ne sont pas tenus de vivre en communauté, même si c’est possible

– Les religieux mettent leurs biens en commun et sont pris en charge par leur communauté. Les prêtres et futurs prêtres (séminaristes, diacres en vue de sacerdoce), sont en général salariés du diocèse, les autres (diacres permanents, veuves et vierges) se débrouillent

– Les religieux font donc vœu de chasteté. Les prêtres diocésains s’engagent dans le célibat, les diacres à rester dans leur état de vie quand ils sont ordonnés (mariés s’ils le sont, célibataires ou veufs s’ils le sont déjà où que leur femme décède ensuite), les veuves à rester veuves, les vierges ne doivent jamais avoir été mariées ou même avoir vécu maritalement

– Les religieux obéissent à leur supérieur et à ceux qu’il désigne (supérieur local, prieur), les diocésains à l’évêque ou son délégué, (curé pour les vicaires)

Il y a d’infinies variantes et cas particuliers à cette présentation schématique. De nombreux laïcs ont adopté des formes de vie consacrée ayant chacune leurs spécificités : instituts séculiers, mouvements d’Eglise, béguinages etc. Les communautés apparues au XXe siècle ont fait exploser les cadres des différents états de vie. Pour rester simple :

– Les communautés nouvelles charismatiques sont nées de l’intuition que tous les états de vie pouvaient vivre la même expérience spirituelle. On peut donc avoir des personnes mariées et consacrées, vivant en famille (habillés en blanc et beige et portant la croix en bois des consacrés au Chemin Neuf, par exemple)

– Des congrégations religieuses nées dans des périodes de clandestinité ne vivent pas en communauté : Filles du cœur de Marie depuis la Révolution

– Des religieux ne prononcent pas de vœux définitifs – Filles de la charité – … Tandis que des laïcs consacrés prononcent des engagements définitifs, parfois publics, parfois non

– Les numéraires de l’Opus Dei se considèrent comme de simples laïcs, non consacrés. Pourtant, ils ou elles prononcent des engagements définitifs (privés), sont célibataires, vivent en communautés qu’ils appellent « famille » et mettent leurs biens en commun. Etc…

Les possibilités sont donc multiples en fonction des charismes et des intuitions spirituelles.

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