Fiction et forces du mal

harry potter

Question: Comment l’Eglise juge-t-elle des séries comme Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux, insistant sur les forces du mal?

« L’Eglise » universelle porte rarement, de nos jours, des jugements définitifs sur des œuvres artistiques ou littéraires, surtout lorsque ce sont des fictions. Des théologiens ou pasteurs vont éventuellement proposer des analyses et critères de discernement sur telle ou telle production, surtout lorsque elles sont destinées à la jeunesse, pour aider les parents, les éducateurs ou les jeunes eux-mêmes dans leurs choix. Mais ces analyses vont, le plus souvent, engager leur auteur et non l’Eglise elle-même.

S’agissant d’Harry Potter ou du Seigneur des anneaux, ce sont :

  • Clairement des œuvres de fiction et ne prétendant pas être autre chose,
  • D’un genre littéraire particulier, l’heroic fantasy ou le fantastique, faisant appel à des concepts et des ressorts narratifs propres aux contes : magie, mythologie, êtres fantastiques…

Ces ouvrages peuvent avoir un intérêt, surtout pour des jeunes : distinction claire entre le bien et le mal et engagement résolu des héros pour le bien, éthique forte, valeurs chevaleresques, ouverture à la transcendance… Tolkien était d’ailleurs un catholique convaincu, et cela se ressent dans son livre, même si ce dernier n’est pas un livre à proprement parler chrétien. Le monde de Narnia, par exemple, fait davantage référence au christianisme, même si c’est implicite.

Pour autant, il convient de garder une certaine vigilance sur ce type de fiction : les messages sont-ils au moins compatibles avec la foi, et surtout l’éthique chrétienne ? Certaines séries de jeunesse ont été bien plus critiquées par des catholiques que les exemples cités, du fait de leur violence, leur apologie du suicide, de l’immoralité, du sexe, en particulier de l’homosexualité… Chebub, par exemple, a été vivement contesté. D’autres sont ouvertement anti-chrétiennes. Enfin, certains auteurs fondent tout leur marketing sur la prétention que leurs écrits sont basés sur des faits réels et non fictifs. C’est le cas du Da Vinci Code, mais aussi de tout un genre littéraire (L’affaire Marie Madeleine, le Triangle secret…) qui regroupe systématiquement des attaques fort anciennes contre la foi chrétienne.

Cette littérature est donc éminemment contestable non seulement du fait de son contenu, mais aussi parce qu’elle prétend faire passer ses élucubration en faits historiques. Elle n’est certainement pas à recommander, surtout à des personnes influençables ou à la foi fragile. D’une façon générale, le lecteur pourra utilement se référer aux critiques de la presse catholique ou de maisons d’édition sérieuses pour être aidé dans ses choix. Ajoutons que, plutôt que de rechercher des sensations fortes dans des fictions, il est bien plus profitable de lire des vies de saints bien réels ou des auteurs spirituels.

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