Fausse couche

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Question: Je suis un grand-père et deux de mes brus ont récemment fait ce qu’on appelle au Québec une « fausse couche ». Il s’agit d’un développement anarchique de ce qui devrait être un fœtus et qui est évacué vers la 10e semaine de grossesse. Ma question est la suivante : Est-ce que, parce qu’il est le fruit d’une union entre un homme et une femme, cet amas de chair informe peut être considéré comme une infirmité ultime d’une personne et peut-on alors penser qu’elle est accueillie au ciel? Ou plutôt, parce qu’il n’y a pas de forme humaine, doit-il être considéré comme un amas de cellules et être vu comme un déchet évacué par le corps humain?

En France et dans d’autres pays francophones, on appelle aussi « fausse couche » la perte naturelle d’un enfant au cours de la grossesse. On dit aussi en langage parlé que la mère « a perdu son enfant/bébé à x semaines de grossesse ». Le bon sens populaire répond donc à la question : quels que soient le stade de la grossesse et la forme de l’embryon ou fœtus ainsi perdu, c’est bien un « enfant » ou un « bébé » qui a été perdu. Remarquons aussi qu’à dix semaines de grossesse, il est très présomptueux de dire que l’embryon n’a pas forme humaine. C’est faux et plusieurs organes sont déjà formés. A douze semaines, date limite légale d’une interruption volontaire de grossesse en France, l’embryon ainsi avorté a clairement une forme humaine. Le lecteur peut utilement rechercher sur Internet des photos le prouvant et ce site n’est pas le lieu de le montrer. D’ailleurs, le film canadien Juno le rappelle bien sur le mode humoristique : la copine pro-vie de l’héroïne lui explique qu’à cet âge, les embryons ont « des ongles », ce qui décide Juno à garder son enfant.

Ceci dit, rappelons l’enseignement constant de l’Eglise catholique : un embryon est un être humain dès sa conception. Des textes parmi les plus anciens du christianisme, comme la Didachè (fin du 1er siècle/début du IIe  ap. J.-C.) proclament déjà que les chrétiens refusent l’avortement et l’infancitide, quel que soit l’âge de l’enfant. La distinction moins de 40 jours de grossesse / plus de 40 jours qu’on trouve chez Aristote et certaines traditions rabbiniques n’existe pas pour l’Eglise catholique (notons qu’à dix semaines de grossesse, c’est-à-dire à plus de 40 jours, le cas de la question est clairement un être humain selon toutes ces traditions).

Cet enseignement de l’Eglise s’appuie sur l’Ecriture : « C’est toi qui… m’as tissé dans le sein de ma mère » s’exclame le Psalmiste (Ps 139/138, 13). « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais » dit Dieu au prophète Jérémie en Jr 1, 5. En Lc 1, 41, le dans le récit de la Visitation, le fœtus Jean-Baptiste « tressaille de joie » en entendant la Vierge Marie enceinte d’à peine quelques jours de Jésus. Ces textes montrent que le Seigneur conduit la vie de chacun et s’en préoccupe avec tendresse dès ses premiers instants, y compris dans la vie intra-utérine, sans limite d’âge ou de stade de grossesse de la mère, sans considération de la forme « humaine » ou pas de la personne. Dès sa conception, chaque personne a toute sa dignité humaine aux yeux de Dieu.

Il en résulte qu’un embryon perdu à dix semaines de grossesse entre dans le plan du salut comme n’importe qui. Le Christ étant venu pour le salut de tous, Il est aussi venu pour le salut d’un embryon de dix semaines.

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