Excommunication, meurtre, avortement et pédophilie

J’aimerais savoir pourquoi l’Eglise condamne l’avortement en le rendant passible d’excommunication mais ne réserve pas le même traitement au meurtre en général. Si l’argument est de protéger la vie, quel que soit l’âge de la victime, la sanction ne devrait-elle pas être la même? De même les prêtres qui absolvent leurs complices dans le cas de relations sexuelles sont punis d’excommunication. Que dire alors du prêtre pédophile qui viole son vœu de chasteté, commet un crime, et se sachant en état de péché mortel, continue à communier? Ne devrait-il pas encourir la même sanction? De manière plus générale, comment l’Eglise établit-elle cette hiérarchie, qui réserve l’excommunication à certaines offenses sans condamner de la même manière d’autres offenses du même order (relevant de la même logique)?

C’est justement parce qu’il est du même ordre que le meurtre que l’avortement est excommunié. Nous nous demandons où l’auteur de la question a vu que le meurtre ne l’est pas.

Sur le deuxième cas, il y a des confusions à ne pas faire. Si un prêtre absous son complice avec qui il a eu des relations sexuelles, il est effectivement excommunié. Mais c’est vrai aussi dans le cadre d’une relation pédophile ! En revanche, il s’agit de péchés par rapport au Sacrement de réconciliation, et non par rapport au fait d’avoir des relations sexuelles !!

Car un prêtre qui a des relations sexuelles mais ne confesse pas son complice n’est pas excommunié. Ce n’est pas du tout une offense « du même ordre », ou « de la même logique » que la question de l’absolution. Quant aux crimes d’un prêtre pédophile n’absolvant pas sa victime, ça n’a rien à voir avec le Sacrement de réconciliation non plus.

Ajoutons tout de même qu’un prêtre se confessant d’actions pédophiles mais refusant de se dénoncer ne reçoit pas l’absolution. Donc, vu qu’il a commis un péché très grave, il ne peut pas communier. Il est donc faux de dire « qu’il continue à communier ». S’il le fait, c’est en cachette et contre les commandements de l’Eglise, mais comme une personne ayant participé à un avortement le fait parfois aussi.

En outre, un prêtre reconnu canoniquement coupable de pédophilie (même s’il ne l’est pas au regard de la justice civile) est réduit à l’état laïc. De plus, le tout récent motu proprio Vos estis lux mundi a renforcé encore la prévention de la pédophilie des consacrés et les obligations de dénonciation à l’égard de ces crimes.

Excommunication, meurtre, avortement et pédophilie
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