Est-il plus difficile de sauver quelqu’un que le sacrifice du Christ? (5/8)

5ème Question : Jésus a sacrifié sa vie pour nous sauver des pêchés, c’est le second principe le plus important de la Bible après l’existence de Dieu : la propitiation = le sacrifice pour le compte du coupable. Mais Jésus savait qu’il ressusciterait donc il ne nous a pas vraiment donné sa vie ? Il a souffert sur la croix, c’est indéniable certes, mais la vie qu’il nous a donnée en échange d’effacer tous les péchés du monde, il l’a reprise 3 jours après. Le sacrifice n’est pas le même. La mort de Jésus Christ est le plus grand sacrifice qui soit puisque ce sacrifice permet d’effacer la dette de péchés de l’humanité toute entière mais sans vouloir porter un quelconque blasphème (je cherche juste à comprendre), en quoi ce sacrifice est-il plus fort qu’un homme qui sacrifie sa vie pour sauver par exemple quelqu’un de la noyade ou d’un incendie… L’homme qui meurt, meurt et ne ressuscite pas. En tout cas il ne sait pas comme Jésus ce qu’il y a après la mort ….. C’est beaucoup plus dur. (5/8)

Le Talmud, en référence au prophète Isaïe écrit que « Qui sauve un homme sauve l’Univers entier ». En ce sens, donner sa vie pour sauver une personne est un geste éminemment christique. La nuance avec le cas de quelqu’un qui porte secours à un noyé, c’est qu’il espère réussir et se sauver, ainsi que le noyé. Son geste n’a de sens que s’il a plus de chance de réussir que l’inverse. Dans le cas du Christ, il sait qu’il ne pourra pas s’en sortir et « donne » totalement sa vie. Certains ont pu l’imiter. St Maximilien Kolbe, que nous fêtons en août, a donné sa vie pour en sauver une autre, puisqu’il a été condamné à mourir de faim à la place de l’homme qu’il s’était proposé de remplacer. Sauf miracle, il était sûr de mourir. C’est bien (entre autres) pour ce geste, qui rappelle celui du Christ, qu’il a été canonisé. Mais en plus, le Christ, par son sacrifice, sauve toute l’humanité, pas une seule personne ou quelques unes. Et il sauve les coupables autant que les innocents condamnés injustement.

Savoir ce que Jésus savait exactement sur sa divinité est très discuté entre théologiens. Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/jesus-sait-il-quil-est-dieu/. Selon plusieurs théologiens, si l’on prend au sérieux qu’Il est vrai homme, il avait les mêmes incertitudes et les mêmes peurs que tout homme. Autrement, Il aurait simplement surfé sur son humanité. Affirmer cela est une hérésie depuis les Nestoriens et les monophysites. Comment, à ce moment-là, pourrait-on expliquer la Tentation au désert, les angoisses de Gethsémani et le « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » de la Croix ?

En revanche, Jésus avait une foi totale et des intuitions claires de sa divinité. C’est bien ce qu’Il propose à tout homme et c’est ce à quoi arrivent les plus grands mystiques : Ste Thérèse d’Avila pouvait ressentir la Trinité habiter en elle. De plus, Jésus avait foi en la résurrection mais comme tous les Juifs pieux depuis au moins le IIe siècle avant Jésus-Christ : depuis le Livre de Daniel et le Deuxième livre des Maccabées écrits à ce moment-là, certains courants du judaïsme croyaient clairement en la résurrection des corps. Pas tous, dans les controverses entre Jésus, puis St Paul, et les Saducéens, on voit que ces derniers n’y croient pas. Mais les Pharisiens y croyaient et Ste Marthe le dit à Jésus lors de la résurrection de Lazare : « Marthe reprit : ‘Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.’» (Jn 11, 24). C’est donc l’indice que cette croyance était répandue au-delà des cercles des docteurs de la Loi.

Donc quelqu’un qui a la foi croit qu’il ressuscitera, c’est ce que nous récitons tous les dimanches dans le Credo. On ne peut avoir de certitude pour soi-même car nous sommes pécheurs, mais tout comme Jésus, c’est bien notre espérance. Nous savons que la résurrection existe et qu’il y a « quelque chose après la mort » autant que lui. A nous d’approfondir notre foi et de nous préparer à ne pas être surpris par la mort pour agir en conséquence vis-à-vis de nos frères et nous tenir prêts.