Est-ce un péché de ne pas employer ses loisirs en service?

Lorsque je fais mon examen de conscience, je trouve bien sûr quelques fautes à me reprocher. Mais je me reproche surtout tout ce que je n’ai pas fait. La mention du péché “par omission” du Confiteor concerne-t-elle uniquement des actes bons que nous avons sciemment omis de faire alors qu’il était de notre devoir de les accomplir, ou inclut-elle un mauvais emploi de nos temps de loisir que nous aurions pu mieux utiliser (lecture de la Parole, visite d’une personne seule, etc.)

Cette question est une magnifique illustration de la nécessité d’avoir un accompagnateur spirituel. Car, évidemment, il n’y a pas de réponse toute faite et la réponse est « Ca dépend ».

Oui, le péché par omission existe mais le péché n’est pas que la faute morale. Comme beaucoup le savent, le terme en hébreu évoque le fait de « rater sa cible ». Ce n’est pas forcément faire une mauvaise action ou omettre d’en faire une bonne. C’est plutôt de ne pas faire la volonté de Dieu quand on aurait pu la faire, même sans ne rien faire de mal.

Prenons l’exemple de visiter une personne seule. Oui, il vaut sans doute mieux faire cela plutôt que se perdre en distractions oiseuses. Mais il faut aussi se préserver, se reposer, se cultiver, garder des liens avec des amis. Il ne sert à rien d’aller jusqu’à la dépression à force d’activisme.

Qu’une personne ayant une vie bien remplie, avec un bon équilibre personnel, un travail ou des études intéressants, n’ayant pas de difficultés majeures à accomplir son devoir d’état consacre un temps pour visiter une personne seule (par exemple, une demie-journée par semaine, une journée ou un weekend par mois), c’est bien et ne pas le faire si elle y a été appelée pourrait la conduire à une forme de péché. Quoiqu’elle peut discerner qu’elle pourrait rendre un autre service à la place.

Mais un travailleur social qui passe toute sa journée avec des personnes en grande difficulté devrait peut-être plus tôt veiller à préserver son équilibre affectif et psychique, plutôt qu’en rajouter en allant visiter des personnes seules. Il pourra alors s’orienter vers un service plus calme, une activité artistique, par exemple, voire garder son temps libre pour se détendre.

Il nous semble que la question à se poser, lorsqu’on est en bonne santé et n’ayant pas de charge majeure (être aidant familial d’une personne handicapée ou âgée, par exemple), est plutôt de s’engager dans un service d’Eglise ou autre, de façon raisonnée, avec un emploi du temps clair et des tâches assez précises. N’avoir aucun engagement, voilà qui pose en revanche question. Mais, encore une fois, le mieux est de discerner dans la prière, puis avec un accompagnateur spirituel, là où le Seigneur nous appelle vraiment.

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