Est-ce un dogme que de n’ordonner prêtres que des hommes? (1/2)

En tant que catholique, nous reconnaissons l’infaillibilité du Pape (quand il proclame de manière solennelle un dogme ou une vérité qui doit être tenue par l’ensemble de la communauté des fidèles, nous devons nous y tenir). Ainsi, lorsque le saint Pape Jean-Paul II écrit dans son encyclique Ordinatio Sacerdotalis ceci : “C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église.”, et qu’il explicite le caractère définitif de cette déclaration, n’est-ce pas là un “dogme” proclamé, concernant l’impossibilité du sacerdoce féminin ? (1/2)

Cela fait en tout cas partie intégrale du Magistère de l’Eglise et un catholique doit y adhérer.

Le tout est de comprendre pourquoi. Il est fondamental de comprendre que le sacerdoce n’est pas une fonction, un job. C’est un état de vie. Le prêtre est « alter Christus » un autre Christ, au moment où il administre les sacrements. La notion est violemment contestée aujourd’hui, y compris dans l’Eglise mais elle n’en demeure pas moins valable.

Contrairement à ce qu’on entend dire souvent, ce n’est pas du fait de la culture de son temps que le Seigneur n’a choisi que des hommes comme Apôtres. Il y avait des disciples femmes, que la Tradition appelle les Saintes femmes (Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Jean, Marthe et Marie, Jeanne, Suzanne etc). Des épisodes des Actes des Apôtres nous montrent des femmes en position d’autorité comme Lydie. Il y a eu des Mères du désert et des vierges consacrées assez autonomes tôt dans l’histoire du christianisme. En outre, Jésus a montré plusieurs fois son approche égalitaire des rapports entre les sexes : quand il parle à la Samaritaine, à Marthe et Marie etc. Non, s’Il choisit des hommes pour continuer son ministère, c’est qu’Il est lui-même un homme.

Ce n’est pas contingent. Dieu épouse Israël dans l’Ancien Testament (cf. Ez 16, par exemple). Il y est toujours le mari, jamais la femme. De même, le Christ épouse l’Eglise. L’Apocalypse se termine ainsi : « L’Esprit et l’Epouse disent viens (…) Viens Seigneur Jésus » (Ap 22, 17 et 20).  Jésus est l’Epoux et l’Epoux est un homme.

Ce n’est pas interchangeable. La Bible et l’Eglise sont frontalement opposées à l’idéologie du genre et la différence sexuelle est l’humanité même. Lorsque Dieu a créé l’homme à son image C’est « homme et femme » qu’il le crée (Gn 1, 26-27). Ce sont l’homme et la femme, dans leur différence sexuelle, qui sont l’image de Dieu et c’est de là que découle la vie.

De même, une vierge consacrée est « épouse du Christ ». Elle est une femme. Un homme ne peut pas être « vierge consacré » et la consécration des vierges est réservée aux femmes. Donc la vocation féminine qui est le pendant au sacerdoce, c’est la virginité consacrée. Cf. nos articles sur la question : Origine et résurgence des vierges consacrées – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr) ; Vierges consacrées et instituts séculiers – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr) ; Vierge consacrée et diocèse – Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr)

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Commentaires

  1. ANEL Bruno

    Je ne conteste pas cette argumentation. Au demeurant, la vie chrétienne ne consiste pas à de venir ministre mais à tendre vers la sainteté. Je fais seulement remarquer que la formule de Saint Augustin (Christianus alter Christus) a eté détournée au profit du sacerdoce ministériel. Il peut y avoir différentes manières d’être un “autre Christ”, mais il n’y a pas de degrés dans cette effort pour Lui ressembler.

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