Est-ce sérieux de transmettre la foi sans formation?

Donc, pour transmettre la foi, il faut “suivre un cursus reconnu par l’Eglise” ? C’est-à-dire? Justifier d’un diplôme? Vous êtes sérieux? La responsabilité de l’éducation des enfants ne revient-elle pas en premier lieu aux parents ? Faut-il une “formation” particulière pour transmettre l’Amour de Dieu ?

Il y a deux choses dans cette question, qui réagit à notre article https://www.reponses-catholiques.fr/catechisme-a-la-maison/ : 1° l’accès à un sacrement (ici la Première communion) et 2° La transmission de la foi.

1° L’article portait en effet sur une question d’une maman souhaitant catéchiser elle-même son enfant à la maison, en vue de le préparer à la Première communion. Or, nous le répétons, pour faire sa Première communion, il faut l’accord du curé (comme pour tout sacrement : le curé, ou l’évêque pour les Confirmations et les Ordinations, doivent donner leur accord).

Nous avons mis en garde sur le fait qu’un enfant n’ayant pas fait son catéchisme dans sa paroisse sera mal connu du curé, qui pourra moins facilement évaluer son degré de préparation. Nous ne voyons donc pas trop quel bien il peut y avoir pour l’enfant, d’autant plus que, répétons-le, il existe des catéchismes adaptés pour enfants ayant des difficultés. Mais si cette mère de famille estime avoir de bonnes raisons et s’entend avec le curé pour le faire, tant mieux pour elle.

Dire cela ne remet en rien en cause la compétence ou la foi de cette maman : le curé de Lourdes avait refusé à Ste Bernadette de faire sa Première communion car elle était illettrée. Il estimait qu’elle n’était donc pas assez préparée, alors qu’elle avait 14 ans. Cela n’a pas empêché cette jeune fille d’être crue par ce prêtre le moment venu et de devenir la grande sainte que l’on sait.

2° Sur la question de la transmission de la foi, l’éducation des enfants et la première transmission de la foi revient bien sûr aux parents. Comme nous l’avons déjà écrit, si cette dame veut s’acheter un catéchisme et le faire elle-même, libre à elle. Mais la transmission de la foi, depuis les temps apostoliques, est d’abord de la responsabilité de l’évêque, qui a été formé pour cela, comme ses prédécesseurs les Apôtres étaient enseignés directement par le Christ lui-même. Depuis le Concile de Trente, cette transmission est, par délégation de l’évêque, de la responsabilité des prêtres après au moins six ans de séminaire. Alors, oui, pour transmettre la foi, les personnes qui en sont responsables doivent avoir un « cursus reconnu par l’Eglise ». Ne pas l’avoir eu avant a débouché sur des hérésies comme le protestantisme, les Protestants ayant beau jeu, par leur bonne formation biblique, de contredire des prêtres, et par conséquent des fidèles catholiques, mal formés avant l’ouverture des séminaires.

Bien sûr, tous les catéchistes ne font pas six ans de séminaire ou un baccalauréat canonique. Mais on sait les dégâts qu’on fait des « dames-caté », certes pleines de bonne volonté, mais mal formées et incapables de répondre aux objections d’enfants ou de jeunes de mieux en mieux éduqués sur le plan profane.

C’est bien pour cela que les diocèses et les paroisses ont multiplié les formations courtes (ISTR, IPER etc) et les cycles d’intelligence de la foi, afin d’avoir des catéchistes solides. Quant à transmettre « l’Amour de Dieu », oui, justement, les communautés et mouvements d’Eglise les plus dynamiques ont multiplié les « écoles d’évangélisation et de mission », parcours EVEN et autres formations à l’évangélisation. La bonne volonté ne suffit pas et, en outre, elle est la porte ouverte à la transmission de toutes sortes d’hérésies et superstitions.

C’est ne pas se former à la transmission de la foi et prétendre la transmettre qui n’est pas sérieux.

Est-ce sérieux de transmettre la foi sans formation?
4.7 (93.33%) 9 votes